Le Prix littéraire Luigi Pirandello, porté par l’Alliance Italienne Universelle, récompense chaque année des œuvres contemporaines en langue française qui explorent le déracinement, la mémoire, la transmission, l’identité et la complexité de l’existence intérieure. Hommage vivant à Luigi Pirandello (1867-1936), le prix s’inscrit dans une perspective humaniste fidèle à l’esprit de l’écrivain sicilien.
Pour cette édition, le jury a souhaité distinguer quatre créations qui, chacune dans son langage propre – roman, nouvelle, poésie et photographie -, disent à leur manière la fragilité des appartenances, la persistance des racines et la puissance des héritages. La remise officielle a eu lieu au Sénat le 29 mai 2026, sous le parrainage de Xavier Iacovelli, Vice-Président du Sénat, en présence de Monsieur le Consul général Jacopo Albergoni, dans le cadre d’un événement culturel consacré à la pensée pirandellienne et à ses résonances contemporaines.






| Catégorie | Lauréat | Œuvre primée |
| Prix Pirandello du roman | Jean-Pierre Fleury | Ma mère arménienne (Éditions Chum) |
| Prix Pirandello de la nouvelle | Patrick Min | Racines |
| Prix Pirandello de poésie | Robert Laurent | Réfugiés |
| Prix Pirandello de la photographie | Riccardo Ceriani | Cinque Terre |
Le Prix Luigi Pirandello récompense chaque année une œuvre contemporaine publiée en langue française dont les thèmes principaux explorent le déracinement, la mémoire, la transmission, l’identité et la complexité de l’existence intérieure. Il rend hommage à Luigi Pirandello, écrivain et dramaturge italien dont l’œuvre interroge la multiplicité des identités, le rapport entre vérité et illusion, l’exil intérieur et les masques sociaux.
Porté par l’Alliance Italienne Universelle, en partenariat avec des institutions littéraires et culturelles œuvrant à la transmission de la pensée pirandellienne, le prix est attribué par un jury composé de personnalités issues du monde littéraire, universitaire et culturel. La présidence du jury est assurée par Franck Senninger (Franco Berneri-Croce), membre de l’Académie Littré.
Avec Ma mère arménienne, publié chez Chum, Jean-Pierre Fleury propose un récit où l’intime rejoint la grande Histoire. Le roman donne voix à une mémoire familiale traversée par l’exil, les transmissions silencieuses et la quête d’identité. Le jury a souhaité distinguer une œuvre profondément humaine, attentive aux héritages visibles et invisibles, où la figure maternelle devient le lieu d’une reconquête intérieure et d’un dialogue avec les origines.
Par son ampleur sensible, par sa manière de faire dialoguer mémoire personnelle et mémoire collective, le livre s’inscrit pleinement dans l’esprit du Prix Pirandello : celui d’une littérature qui n’aplanit pas la complexité de l’être, mais l’éclaire de l’intérieur.


Dans Racines, Patrick Min construit, à partir d’une boîte léguée par un grand-père, une traversée bouleversante de l’exil et de la perte d’identité. Objets, traces, cahier, mémoire familiale : tout concourt à faire sentir ce que signifie changer de nom, de langue, de pays, et tenter malgré tout de transmettre quelque chose de soi aux générations suivantes.
Le jury a été sensible à la force d’incarnation du texte, à sa justesse émotionnelle et à cette vérité qui le traverse : les racines ne sont pas seulement ce qui attache au passé, elles sont aussi ce qui permet de traverser.


Le poème Réfugiés donne à entendre l’exil, l’arrachement et le désordre du monde avec une sobriété d’autant plus forte qu’elle ne cède jamais au pathos. En quelques images nettes et poignantes, Robert Laurent rend leur présence et leur dignité à celles et ceux que l’actualité réduit trop souvent à des nombres ou à des catégories abstraites.
Le jury a voulu saluer une poésie de la retenue et de l’humanité, capable d’unir le chant et la blessure, la simplicité du vers et la profondeur du regard.


Avec Cinque Terre, Riccardo Ceriani offre une image où paysage, mémoire et regard se rencontrent. Le jury a voulu distinguer une photographie qui, au-delà de sa beauté plastique, fait résonner un imaginaire de l’appartenance, du passage et de la fidélité aux lieux. Dans l’esprit du Prix Pirandello, l’image devient ici elle aussi une interrogation sur l’identité : que portons-nous d’un territoire, et comment un paysage nous habite-t-il en retour ?

