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Editorial 49

Italiens du monde : combien de temps encore devrons-nous attendre ?

Entre l’unification de l’Italie en 1861 et les décennies qui ont suivi la naissance de la République italienne en 1946, des millions d’Italiens ont quitté leur terre natale. Ils ne sont pas partis parce qu’ils n’aimaient plus l’Italie. Ils sont partis parce que l’Italie de leur époque ne pouvait plus leur offrir un avenir.

Nos parents, nos grands-parents et nos arrière-grands-parents ont quitté leurs villages, leurs montagnes, leurs campagnes et leurs villes à cause de la pauvreté, du manque de travail et des crises qui ont marqué l’histoire de notre pays. Ils ont traversé les frontières, les mers et les océans avec une valise souvent légère, mais avec une volonté immense : construire une vie meilleure pour leurs enfants.

Pourtant, même loin de leur terre natale, ils n’ont jamais cessé d’être Italiens.

Ils ont continué à parler leur langue, à transmettre leurs traditions, à soutenir leurs familles restées au pays et à faire rayonner l’Italie partout où ils vivaient. En France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, au Brésil, en Australie et dans tant d’autres pays, ils se sont intégrés avec dignité, dans le respect des lois des nations qui les accueillaient.

Ils ont travaillé.
Ils ont construit.
Ils ont entrepris.

Ils ont contribué à la prospérité des pays d’accueil.
Ils ont également contribué, souvent dans l’ombre, à la prospérité et au rayonnement international de l’Italie.

Leurs enfants et leurs petits-enfants ont poursuivi ce chemin. Ils sont devenus ouvriers, artisans, commerçants, enseignants, chercheurs, médecins, artistes, entrepreneurs, responsables associatifs ou élus. Beaucoup ont servi de pont entre l’Italie et le reste du monde.

Et pourtant, une question demeure.

Pourquoi les descendants de cette immense épopée humaine sont-ils encore si souvent invisibles ?

Pourquoi leur demande de reconnaissance semble-t-elle si difficile à entendre ?

Car enfin, de quoi parlons-nous ?

D’une communauté qui aurait tourné le dos à l’Italie ? Non.
D’une communauté qui aurait cherché à humilier l’Italie ? Non plus.

Sommes-nous descendus dans les rues pour dénigrer notre pays d’origine ?
Sommes-nous allés devant les ambassades et les consulats pour exposer un abandon ?
Avons-nous utilisé la violence pour exister ?

Jamais.

Nous avons choisi la dignité.
Nous avons choisi le respect.
Nous avons choisi la loyauté.

Mais aujourd’hui une question dérangeante s’impose : faut-il faire du bruit pour être entendu ? Faut-il créer du désordre pour exister politiquement ? Faut-il embarrasser son propre pays pour obtenir la reconnaissance ?

Nous refusons de le croire.

Mais alors il appartient à l’Italie et à ses représentants d’apporter une réponse claire.

Car le problème n’est plus seulement celui de la mémoire.
Il est celui de la reconnaissance nationale.

Les associations italiennes à travers le monde accomplissent un travail précieux. Elles entretiennent les traditions, les liens familiaux, la culture et la mémoire.

Mais cela ne suffit plus.

Nous ne pouvons pas rester éternellement les gardiens du souvenir pendant que la reconnaissance institutionnelle tarde à venir.

Le temps est venu de franchir une étape.

Le temps est venu de nous unir davantage, de coordonner nos voix, de rendre notre présence plus audible.

Non pas contre l’Italie.
Mais pour l’Italie.

Non pas pour des privilèges.
Mais pour la justice.

Nous demandons que les sacrifices, le courage et la contribution des millions d’émigrés italiens soient enfin reconnus à la hauteur de leur importance historique.

Nous demandons l’érection à Rome d’un Monument national de l’Émigration italienne, au cœur de la capitale, afin que nul n’oublie celles et ceux qui ont quitté leur terre sans jamais renier leur identité.

Nous demandons l’instauration d’une Journée nationale de la Mémoire de l’Émigration italienne, reconnue officiellement par la République italienne.

Nous demandons l’ouverture d’un débat national sur la place des Italiens du monde dans la nation italienne contemporaine.

Nous demandons la reconnaissance pleine et entière des générations issues de cette émigration comme composante essentielle de l’Italie.

Car l’Italie ne s’est pas écrite seulement à Rome, Milan ou Naples.
Elle s’est aussi écrite à Paris, Bruxelles, Genève, Montréal, Buenos Aires, New York, São Paulo, Melbourne et dans des milliers de villes du monde.

Pendant plus d’un siècle, nos parents et nos grands-parents ont assumé leurs devoirs envers l’Italie.

Aujourd’hui, leurs descendants ne demandent ni faveur ni privilège.

Ils demandent simplement la reconnaissance de leur histoire.

L’émigration italienne n’est pas une note de bas de page.
Elle est une épopée fondatrice.

Et une nation qui oublie ses enfants dispersés dans le monde risque d’oublier une part d’elle-même.

La question est simple :

Combien de temps encore devrons-nous attendre ?

Et surtout, l’Italie est-elle prête à entendre la voix de ses enfants du monde et à agir, avant que ceux-ci ne décident, démocratiquement, pacifiquement et collectivement, de la faire entendre eux-mêmes ?

L’heure n’est plus seulement à la mémoire. L’heure est venue de la reconnaissance. Et la reconnaissance commence toujours par une volonté politique.

Georges Orazio Spido,
Président de l’Alliance Italienne Universelle

🇮🇹 L’identité italienne vit aussi grâce à toi.
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Italiani nel mondo: quanto tempo dovremo ancora aspettare?

Tra l’unificazione dell’Italia nel 1861 e i decenni che seguirono la nascita della Repubblica italiana nel 1946, milioni di Italiani lasciarono la loro terra natale. Non partirono perché non amavano più l’Italia. Partirono perché l’Italia del loro tempo non era più in grado di offrire loro un futuro.

I nostri genitori, i nostri nonni e i nostri bisnonni lasciarono i loro paesi, le loro montagne, le loro campagne e le loro città a causa della povertà, della mancanza di lavoro e delle crisi che segnarono la storia del nostro Paese. Attraversarono frontiere, mari e oceani con una valigia spesso leggera, ma con una volontà immensa: costruire una vita migliore per i propri figli.

Eppure, anche lontano dalla loro terra natale, non smisero mai di essere Italiani.

Continuarono a parlare la loro lingua, a trasmettere le loro tradizioni, a sostenere le famiglie rimaste in patria e a far risplendere l’Italia ovunque vivessero. In Francia, in Belgio, in Svizzera, in Germania, negli Stati Uniti, in Canada, in Argentina, in Brasile, in Australia e in tanti altri Paesi, si integrarono con dignità, nel rispetto delle leggi delle nazioni che li accoglievano.

Lavorarono.

Costruirono.

Intrapresero.

Contribuirono alla prosperità dei Paesi d’accoglienza.

Contribuirono anche, spesso nell’ombra, alla prosperità e al prestigio internazionale dell’Italia.

I loro figli e i loro nipoti hanno proseguito questo cammino. Sono diventati operai, artigiani, commercianti, insegnanti, ricercatori, medici, artisti, imprenditori, responsabili associativi o eletti. Molti hanno fatto da ponte tra l’Italia e il resto del mondo.

Eppure, una domanda rimane.

Perché i discendenti di questa immensa epopea umana sono ancora così spesso invisibili?

Perché la loro richiesta di riconoscimento sembra così difficile da ascoltare?

Perché, in fondo, di che cosa stiamo parlando?

Di una comunità che avrebbe voltato le spalle all’Italia? No.

Di una comunità che avrebbe cercato di umiliare l’Italia? Neppure.

Siamo forse scesi nelle strade per denigrare il nostro Paese d’origine?

Siamo forse andati davanti alle ambasciate e ai consolati per denunciare un abbandono?

Abbiamo forse usato la violenza per esistere?

Mai.

Abbiamo scelto la dignità.

Abbiamo scelto il rispetto.

Abbiamo scelto la lealtà.

Ma oggi si impone una domanda scomoda: bisogna fare rumore per essere ascoltati? Bisogna creare disordine per esistere politicamente? Bisogna mettere in imbarazzo il proprio Paese per ottenere riconoscimento?

Noi rifiutiamo di crederlo.

Ma allora spetta all’Italia e ai suoi rappresentanti dare una risposta chiara.

Perché il problema non è più soltanto quello della memoria.

È quello del riconoscimento nazionale.

Le associazioni italiane nel mondo svolgono un lavoro prezioso. Mantengono vive le tradizioni, i legami familiari, la cultura e la memoria.

Ma questo non basta più.

Non possiamo restare eternamente i custodi del ricordo mentre il riconoscimento istituzionale tarda ad arrivare.

È giunto il momento di compiere un passo avanti.

È giunto il momento di unirci di più, di coordinare le nostre voci, di rendere più udibile la nostra presenza.

Non contro l’Italia.

Ma per l’Italia.

Non per ottenere privilegi.

Ma per giustizia.

Chiediamo che i sacrifici, il coraggio e il contributo di milioni di emigrati italiani siano finalmente riconosciuti all’altezza della loro importanza storica.

Chiediamo l’erezione a Roma di un Monumento nazionale dell’Emigrazione italiana, nel cuore della capitale, affinché nessuno dimentichi coloro che lasciarono la propria terra senza mai rinnegare la propria identità.

Chiediamo l’istituzione di una Giornata nazionale della Memoria dell’Emigrazione italiana, riconosciuta ufficialmente dalla Repubblica italiana.

Chiediamo l’apertura di un dibattito nazionale sul posto degli Italiani nel mondo nella nazione italiana contemporanea.

Chiediamo il pieno e intero riconoscimento delle generazioni nate da questa emigrazione come componente essenziale dell’Italia.

Perché l’Italia non si è scritta soltanto a Roma, Milano o Napoli.

Si è scritta anche a Parigi, Bruxelles, Ginevra, Montréal, Buenos Aires, New York, San Paolo, Melbourne e in migliaia di città del mondo.

Per più di un secolo, i nostri genitori e i nostri nonni hanno assunto i propri doveri verso l’Italia.

Oggi, i loro discendenti non chiedono né favori né privilegi.

Chiedono semplicemente il riconoscimento della loro storia.

L’emigrazione italiana non è una nota a piè di pagina.

È un’epopea fondatrice.

E una nazione che dimentica i propri figli dispersi nel mondo rischia di dimenticare una parte di se stessa.

La domanda è semplice:

Quanto tempo dovremo ancora aspettare?

E soprattutto, l’Italia è pronta ad ascoltare la voce dei suoi figli nel mondo e ad agire, prima che essi decidano, democraticamente, pacificamente e collettivamente, di farla sentire da soli?

Non è più soltanto il tempo della memoria. È giunto il tempo del riconoscimento. E il riconoscimento comincia sempre da una volontà politica.

Georges Orazio Spido
Presidente dell’Alleanza Italiana Universale

🇮🇹 L’identità italiana vive anche grazie a te.
👉 Aderisci all’Alleanza Italiana Universale

Italians Around the World: How Much Longer Must We Wait?

Between the unification of Italy in 1861 and the decades that followed the birth of the Italian Republic in 1946, millions of Italians left their homeland. They did not leave because they no longer loved Italy. They left because the Italy of their time could no longer offer them a future.

Our parents, our grandparents, and our great-grandparents left their villages, their mountains, their countryside, and their cities because of poverty, lack of work, and the crises that marked the history of our country. They crossed borders, seas, and oceans with a suitcase that was often light, but with an immense will: to build a better life for their children.

And yet, even far from their homeland, they never ceased to be Italian.

They continued to speak their language, to pass on their traditions, to support the families who had remained in the country, and to make Italy shine wherever they lived. In France, Belgium, Switzerland, Germany, the United States, Canada, Argentina, Brazil, Australia, and so many other countries, they integrated with dignity, respecting the laws of the nations that welcomed them.

They worked.

They built.

They created businesses.

They contributed to the prosperity of their host countries.

They also contributed, often in the shadows, to Italy’s prosperity and international influence.

Their children and grandchildren continued along this path. They became workers, craftsmen, shopkeepers, teachers, researchers, doctors, artists, entrepreneurs, association leaders, or elected representatives. Many served as bridges between Italy and the rest of the world.

And yet, one question remains.

Why are the descendants of this immense human epic still so often invisible?

Why does their call for recognition seem so difficult to hear?

After all, what are we talking about?

A community that turned its back on Italy? No.

A community that sought to humiliate Italy? No again.

Did we take to the streets to denigrate our country of origin?

Did we go before embassies and consulates to display abandonment?

Did we use violence in order to exist?

Never.

We chose dignity.

We chose respect.

We chose loyalty.

But today, an uncomfortable question arises: must one make noise in order to be heard? Must one create disorder in order to exist politically? Must one embarrass one’s own country in order to obtain recognition?

We refuse to believe so.

But then it is up to Italy and its representatives to provide a clear answer.

For the issue is no longer only one of memory.

It is one of national recognition.

Italian associations throughout the world carry out precious work. They preserve traditions, family ties, culture, and memory.

But that is no longer enough.

We cannot remain forever the guardians of remembrance while institutional recognition is slow to come.

The time has come to take the next step.

The time has come for us to unite more closely, to coordinate our voices, to make our presence more audible.

Not against Italy.

But for Italy.

Not for privileges.

But for justice.

We ask that the sacrifices, courage, and contribution of millions of Italian emigrants finally be recognized in a manner worthy of their historical importance.

We ask for the erection in Rome of a National Monument to Italian Emigration, in the heart of the capital, so that no one may forget those who left their land without ever denying their identity.

We ask for the establishment of a National Day of Remembrance for Italian Emigration, officially recognized by the Italian Republic.

We ask for the opening of a national debate on the place of Italians around the world within the contemporary Italian nation.

We ask for the full and complete recognition of the generations born from this emigration as an essential component of Italy.

For Italy was not written only in Rome, Milan, or Naples.

It was also written in Paris, Brussels, Geneva, Montreal, Buenos Aires, New York, São Paulo, Melbourne, and in thousands of cities around the world.

For more than a century, our parents and grandparents fulfilled their duties toward Italy.

Today, their descendants are asking for neither favors nor privileges.

They are simply asking for the recognition of their history.

Italian emigration is not a footnote.

It is a founding epic.

And a nation that forgets its children scattered across the world risks forgetting a part of itself.

The question is simple:

How much longer must we wait?

And above all, is Italy ready to hear the voice of its children around the world and to act before they decide — democratically, peacefully, and collectively — to make that voice heard themselves?

The time is no longer only for memory. The time has come for recognition. And recognition always begins with political will.

Georges Orazio Spido,
President of the Universal Italian Alliance

🇮🇹 Italian identity lives on thanks to you.
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