
Septembre 1943. L’Italie s’effondre.
Le 8 septembre, l’annonce de l’armistice avec les Alliés fait éclater ce qui reste de l’État italien. L’armée reçoit des ordres contradictoires, le roi et le gouvernement abandonnent Rome, tandis que les forces allemandes mettent immédiatement en œuvre le désarmement des unités italiennes.
Mais dans le Frioul et autour de Gorizia, certains Italiens font un choix différent : ils ne veulent pas déposer les armes.
À Monfalcone, ville ouvrière et industrielle dominée par ses immenses chantiers navals, des antifascistes, des ouvriers et d’anciens militaires commencent à organiser la résistance.
Dans la nuit du 10 au 11 septembre, la Brigata Proletaria est constituée. Elle rassemble notamment des ouvriers des chantiers navals de Monfalcone. Des hommes habitués aux ateliers, aux machines et aux chantiers prennent désormais le chemin des montagnes.
L’ouvrier quitte l’usine et entre dans la guerre.
Face à eux, les Allemands ne sont pas pris au dépourvu. L’opération de désarmement de l’armée italienne a été préparée. Dans les jours qui suivent, les combats se multiplient autour de Gorizia.
Des militaires italiens refusent eux aussi de capituler. Des résistants italiens rejoignent les partisans slovènes, déjà engagés dans la lutte contre l’occupation.
Pendant quelques semaines, la région devient un véritable champ de bataille.
Mais au même moment, une autre Italie est en train de naître.
Salò : le retour de Mussolini
Le 12 septembre, les commandos allemands libèrent Benito Mussolini de sa détention au Gran Sasso.
Le 23 septembre 1943, Mussolini proclame la République sociale italienne, bientôt appelée République de Salò.
Ce nouvel État fasciste n’est pas simplement le retour du régime qui existait avant juillet 1943. Il constitue la tentative de Mussolini de reconstruire un pouvoir fasciste dans le nord de l’Italie, sous la protection militaire de l’Allemagne nazie.
Mais derrière la reconstruction de l’État fasciste se trouve également une radicalisation de la politique de persécution.
La chasse aux Juifs
Il faut ici rappeler une réalité essentielle : la persécution des Juifs n’a pas commencé avec Salò.
Le fascisme italien avait adopté les lois raciales de 1938, excluant les Juifs de nombreux emplois, écoles et institutions et les privant progressivement de leurs droits.
Après le 8 septembre 1943, cependant, la situation change radicalement.
L’occupation allemande et la naissance de la RSI transforment la discrimination en une politique d’arrestation et de déportation.
À l’automne 1943, les autorités fascistes italiennes participent à la recherche et à l’arrestation des Juifs. La Déclaration de Vérone, adoptée en novembre, les désigne comme ennemis et prévoit leur concentration et la confiscation de leurs biens.
La persécution devient alors une véritable chasse.
Des familles sont arrêtées.
Des appartements sont fouillés.
Des personnes se cachent chez des amis, dans des couvents ou dans les campagnes.
D’autres tentent de franchir la frontière pour rejoindre la Suisse ou les zones contrôlées par les Alliés.
Mais beaucoup sont arrêtées.
Elles sont ensuite transférées dans des camps de rassemblement avant d’être livrées aux Allemands et déportées vers les camps nazis.
La République de Salò n’est donc pas seulement un régime qui reprend la guerre. Elle participe à la persécution et à la déportation des Juifs d’Italie.
Dans les territoires de la frontière orientale, cette situation est encore plus complexe. La région de Gorizia est intégrée à la Zone d’opérations du Littoral adriatique, placée sous administration allemande. La présence allemande y est particulièrement forte et la répression contre les opposants, les partisans et les populations considérées comme hostiles est extrêmement violente.
Pendant que certains traquent, d’autres résistent
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le choix des ouvriers de Monfalcone.
Ils ne combattent pas seulement une armée étrangère.
Ils combattent un système politique qui cherche à reprendre le contrôle de l’Italie.
Ils combattent une occupation allemande.
Et certains d’entre eux combattent également un fascisme qui, après avoir perdu le pouvoir en juillet, revient sous une forme encore plus radicalisée.
La Brigata Proletaria, les partisans slovènes et les militaires italiens qui refusent de déposer les armes vont ainsi se retrouver dans un même combat contre les forces allemandes.
Mais cette alliance est fragile.
Les résistants italiens et slovènes ont des projets politiques différents. Dans cette région frontalière, la guerre contre l’Allemagne se mêle rapidement aux revendications nationales italiennes et slovènes et à la révolution communiste yougoslave.
C’est ce qui rend l’histoire de Gorizia si particulière.
Une guerre qui change de nature
À la fin de septembre 1943, les Allemands ont repris le contrôle de la région.
La Brigata Proletaria est pratiquement anéantie.
Mais la résistance ne disparaît pas.
Elle se transforme.
Les hommes qui ont combattu à Gorizia rejoignent les formations partisanes, retournent clandestinement dans les villes ou reprennent le travail tout en participant aux réseaux de résistance.
Et pendant ce temps, la République de Salò poursuit son existence sous la protection allemande.
L’Italie est désormais coupée en deux.
Au Sud, le gouvernement royal combat aux côtés des Alliés.
Au Nord, les Allemands occupent le territoire et soutiennent la République sociale italienne.
Dans les villes et les montagnes, les résistants commencent une guerre clandestine.
Et derrière cette guerre se déroule une autre tragédie : la persécution des Juifs, qui passe de la discrimination fasciste à l’arrestation, à la déportation et au meurtre de masse.
C’est pourquoi septembre 1943 constitue une rupture fondamentale.
L’Italie ne change pas simplement d’allié. Elle entre dans une guerre nouvelle.
Une guerre contre l’occupation allemande.
Une guerre contre le fascisme de Salò.
Une guerre civile entre Italiens.
Une guerre nationale dans les territoires disputés de la frontière orientale.
Et, pour les Juifs d’Italie, une période où la persécution devient une question de vie ou de mort.
À Monfalcone, des ouvriers prennent les armes.
À Gorizia, ils affrontent les Allemands.
À Salò, Mussolini tente de reconstruire son régime.
Et dans les villes italiennes, des familles juives commencent à se cacher pour échapper aux arrestations.
L’Italie de septembre 1943 est ainsi une Italie déchirée entre ceux qui veulent sauver le fascisme, ceux qui veulent libérer le pays et ceux qui tentent simplement de survivre.
C’est dans ce chaos que naît la Résistance italienne.
Georges Orazio Spido,
Président de l’Alliance Italienne Universelle
🇮🇹 L’identité italienne vit aussi grâce à toi.
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Settembre 1943. L’Italia crolla.
L’8 settembre, l’annuncio dell’armistizio con gli Alleati fa esplodere ciò che resta dello Stato italiano. L’esercito riceve ordini contraddittori, il re e il governo abbandonano Roma, mentre le forze tedesche mettono immediatamente in atto il disarmo delle unità italiane.
Ma in Friuli e attorno a Gorizia, alcuni Italiani compiono una scelta diversa: non vogliono deporre le armi.
A Monfalcone, città operaia e industriale dominata dai suoi immensi cantieri navali, antifascisti, operai ed ex militari cominciano a organizzare la resistenza.
Nella notte tra il 10 e l’11 settembre viene costituita la Brigata Proletaria. Essa raccoglie in particolare operai dei cantieri navali di Monfalcone. Uomini abituati alle officine, alle macchine e ai cantieri prendono ora la via delle montagne.
L’operaio lascia la fabbrica ed entra nella guerra.
Di fronte a loro, i Tedeschi non vengono colti di sorpresa. L’operazione di disarmo dell’esercito italiano era stata preparata. Nei giorni successivi, i combattimenti si moltiplicano attorno a Gorizia.
Anche alcuni militari italiani rifiutano di capitolare. Resistenti italiani raggiungono i partigiani sloveni, già impegnati nella lotta contro l’occupazione.
Per alcune settimane, la regione diventa un vero campo di battaglia.
Ma nello stesso momento, un’altra Italia sta nascendo.
Salò: il ritorno di Mussolini
Il 12 settembre, i commandos tedeschi liberano Benito Mussolini dalla sua prigionia al Gran Sasso.
Il 23 settembre 1943, Mussolini proclama la Repubblica Sociale Italiana, presto chiamata Repubblica di Salò.
Questo nuovo Stato fascista non è semplicemente il ritorno del regime esistito prima del luglio 1943. Costituisce il tentativo di Mussolini di ricostruire un potere fascista nel Nord Italia, sotto la protezione militare della Germania nazista.
Ma dietro la ricostruzione dello Stato fascista si trova anche una radicalizzazione della politica di persecuzione.
La caccia agli Ebrei
Occorre qui ricordare una realtà essenziale: la persecuzione degli Ebrei non cominciò con Salò.
Il fascismo italiano aveva adottato le leggi razziali del 1938, escludendo gli Ebrei da molti impieghi, scuole e istituzioni e privandoli progressivamente dei loro diritti.
Dopo l’8 settembre 1943, tuttavia, la situazione cambia radicalmente.
L’occupazione tedesca e la nascita della RSI trasformano la discriminazione in una politica di arresto e deportazione.
Nell’autunno del 1943, le autorità fasciste italiane partecipano alla ricerca e all’arresto degli Ebrei. La Dichiarazione di Verona, adottata in novembre, li designa come nemici e prevede la loro concentrazione e la confisca dei loro beni.
La persecuzione diventa allora una vera caccia.
Famiglie vengono arrestate.
Appartamenti vengono perquisiti.
Persone si nascondono presso amici, nei conventi o nelle campagne.
Altre tentano di attraversare la frontiera per raggiungere la Svizzera o le zone controllate dagli Alleati.
Ma molte vengono arrestate.
Sono poi trasferite in campi di raccolta prima di essere consegnate ai Tedeschi e deportate verso i campi nazisti.
La Repubblica di Salò non è dunque soltanto un regime che riprende la guerra. Essa partecipa alla persecuzione e alla deportazione degli Ebrei d’Italia.
Nei territori della frontiera orientale, questa situazione è ancora più complessa. La regione di Gorizia viene integrata nella Zona d’operazioni del Litorale Adriatico, posta sotto amministrazione tedesca. La presenza tedesca vi è particolarmente forte e la repressione contro gli oppositori, i partigiani e le popolazioni considerate ostili è estremamente violenta.
Mentre alcuni danno la caccia, altri resistono
È in questo contesto che bisogna comprendere la scelta degli operai di Monfalcone.
Non combattono soltanto un esercito straniero.
Combattono un sistema politico che cerca di riprendere il controllo dell’Italia.
Combattono un’occupazione tedesca.
E alcuni di loro combattono anche un fascismo che, dopo aver perso il potere in luglio, ritorna in una forma ancora più radicalizzata.
La Brigata Proletaria, i partigiani sloveni e i militari italiani che rifiutano di deporre le armi si ritrovano così in uno stesso combattimento contro le forze tedesche.
Ma questa alleanza è fragile.
I resistenti italiani e sloveni hanno progetti politici diversi. In questa regione di frontiera, la guerra contro la Germania si mescola rapidamente alle rivendicazioni nazionali italiane e slovene e alla rivoluzione comunista jugoslava.
È questo che rende la storia di Gorizia così particolare.
Una guerra che cambia natura
Alla fine di settembre 1943, i Tedeschi hanno ripreso il controllo della regione.
La Brigata Proletaria è praticamente annientata.
Ma la resistenza non scompare.
Si trasforma.
Gli uomini che hanno combattuto a Gorizia raggiungono le formazioni partigiane, rientrano clandestinamente nelle città o riprendono il lavoro pur partecipando alle reti della Resistenza.
E nel frattempo, la Repubblica di Salò continua a esistere sotto la protezione tedesca.
L’Italia è ormai tagliata in due.
A Sud, il governo regio combatte al fianco degli Alleati.
A Nord, i Tedeschi occupano il territorio e sostengono la Repubblica Sociale Italiana.
Nelle città e sulle montagne, i resistenti cominciano una guerra clandestina.
E dietro questa guerra si svolge un’altra tragedia: la persecuzione degli Ebrei, che passa dalla discriminazione fascista all’arresto, alla deportazione e all’assassinio di massa.
Per questo settembre 1943 costituisce una frattura fondamentale.
L’Italia non cambia semplicemente alleato. Entra in una guerra nuova.
Una guerra contro l’occupazione tedesca.
Una guerra contro il fascismo di Salò.
Una guerra civile tra Italiani.
Una guerra nazionale nei territori contesi della frontiera orientale.
E, per gli Ebrei d’Italia, un periodo in cui la persecuzione diventa una questione di vita o di morte.
A Monfalcone, gli operai prendono le armi.
A Gorizia, affrontano i Tedeschi.
A Salò, Mussolini tenta di ricostruire il suo regime.
E nelle città italiane, famiglie ebree cominciano a nascondersi per sfuggire agli arresti.
L’Italia del settembre 1943 è così un’Italia lacerata tra coloro che vogliono salvare il fascismo, coloro che vogliono liberare il Paese e coloro che cercano semplicemente di sopravvivere.
È in questo caos che nasce la Resistenza italiana.
Georges Orazio Spido
Presidente dell’Alleanza Italiana Universale
🇮🇹 L’identità italiana vive anche grazie a te.
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Monfalcone, Gorizia, Salò: The Workers Who Took Up Arms
September 1943. Italy collapses.
On September 8, the announcement of the armistice with the Allies shatters what remains of the Italian State. The army receives contradictory orders, the king and the government abandon Rome, while German forces immediately begin disarming Italian units.
But in Friuli and around Gorizia, some Italians make a different choice: they do not want to lay down their arms.
In Monfalcone, a working-class and industrial city dominated by its immense shipyards, antifascists, workers, and former soldiers begin to organize resistance.
On the night of September 10 to 11, the Brigata Proletaria is formed. It brings together, in particular, workers from the Monfalcone shipyards. Men accustomed to workshops, machines, and construction sites now take the road to the mountains.
The worker leaves the factory and enters the war.
Facing them, the Germans are not caught off guard. The operation to disarm the Italian army had been prepared. In the days that follow, fighting multiplies around Gorizia.
Some Italian soldiers also refuse to capitulate. Italian resistance fighters join the Slovene partisans, already engaged in the struggle against occupation.
For several weeks, the region becomes a true battlefield.
But at the same time, another Italy is being born.
Salò: Mussolini’s Return
On September 12, German commandos free Benito Mussolini from his imprisonment at Gran Sasso.
On September 23, 1943, Mussolini proclaims the Italian Social Republic, soon known as the Republic of Salò.
This new fascist State is not simply the return of the regime that existed before July 1943. It is Mussolini’s attempt to rebuild fascist power in northern Italy under the military protection of Nazi Germany.
But behind the reconstruction of the fascist State also lies a radicalization of the policy of persecution.
The Hunt for the Jews
Here, an essential reality must be recalled: the persecution of Jews did not begin with Salò.
Italian Fascism had adopted the racial laws of 1938, excluding Jews from many jobs, schools, and institutions and gradually stripping them of their rights.
After September 8, 1943, however, the situation changed radically.
The German occupation and the birth of the RSI transformed discrimination into a policy of arrest and deportation.
In the autumn of 1943, the Italian fascist authorities participated in the search for and arrest of Jews. The Verona Manifesto, adopted in November, designated them as enemies and provided for their internment and the confiscation of their property.
Persecution then became a true hunt.
Families were arrested.
Apartments were searched.
People hid with friends, in convents, or in the countryside.
Others tried to cross the border to reach Switzerland or areas controlled by the Allies.
But many were arrested.
They were then transferred to transit camps before being handed over to the Germans and deported to Nazi camps.
The Republic of Salò was therefore not only a regime that resumed the war. It participated in the persecution and deportation of Italy’s Jews.
In the territories of the eastern border, this situation was even more complex. The Gorizia region was incorporated into the Operational Zone of the Adriatic Littoral, placed under German administration. The German presence there was particularly strong, and the repression of opponents, partisans, and populations considered hostile was extremely violent.
While Some Hunted, Others Resisted
It is in this context that the choice of the workers of Monfalcone must be understood.
They were not fighting only a foreign army.
They were fighting a political system that sought to regain control of Italy.
They were fighting a German occupation.
And some of them were also fighting a fascism which, after losing power in July, returned in an even more radicalized form.
The Brigata Proletaria, the Slovene partisans, and the Italian soldiers who refused to lay down their arms thus found themselves in the same struggle against German forces.
But this alliance was fragile.
Italian and Slovene resistance fighters had different political projects. In this border region, the war against Germany quickly became intertwined with Italian and Slovene national claims and with the Yugoslav communist revolution.
This is what makes the history of Gorizia so particular.
A War That Changes Its Nature
By the end of September 1943, the Germans had regained control of the region.
The Brigata Proletaria was practically annihilated.
But the resistance did not disappear.
It transformed itself.
The men who had fought at Gorizia joined partisan formations, returned clandestinely to the cities, or resumed work while participating in resistance networks.
Meanwhile, the Republic of Salò continued to exist under German protection.
Italy was now cut in two.
In the South, the royal government fought alongside the Allies.
In the North, the Germans occupied the territory and supported the Italian Social Republic.
In the cities and mountains, resistance fighters began a clandestine war.
And behind this war unfolded another tragedy: the persecution of Jews, which moved from fascist discrimination to arrest, deportation, and mass murder.
This is why September 1943 marks a fundamental rupture.
Italy did not simply change sides. It entered a new war.
A war against German occupation.
A war against the fascism of Salò.
A civil war among Italians.
A national war in the disputed territories of the eastern border.
And, for the Jews of Italy, a period in which persecution became a matter of life or death.
In Monfalcone, workers took up arms.
In Gorizia, they faced the Germans.
In Salò, Mussolini tried to rebuild his regime.
And in Italian cities, Jewish families began to hide in order to escape arrest.
The Italy of September 1943 was thus an Italy torn between those who wanted to save fascism, those who wanted to liberate the country, and those who were simply trying to survive.
It was in this chaos that the Italian Resistance was born.
Georges Orazio Spido,
President of the Universal Italian Alliance
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