AccueilNotre blogEditorial 59

Editorial 59

Flaminio Bertoni, le génie italien qui a contribué au prestige de la France

Il y a des hommes dont le nom devrait être aussi célèbre que leurs créations et qui, pourtant, ont traversé l’histoire avec une étonnante discrétion. Flaminio Bertoni est de ceux-là. Son nom est aujourd’hui encore largement méconnu du grand public, alors que son travail a profondément marqué l’image de la France dans le monde. Lorsqu’on évoque la Citroën DS, la 2 CV, la Traction Avant ou encore l’Ami 6, on pense immédiatement à des automobiles devenues emblématiques de la création française. Pourtant, derrière ces silhouettes qui appartiennent désormais à notre patrimoine, se trouve un homme né en Italie, venu travailler en France et dont le génie artistique a contribué à donner à l’industrie automobile française une dimension nouvelle.

Un Italien au cœur d’une aventure française

Né à Varese, en Italie, en 1903, Flaminio Bertoni possède très tôt une sensibilité artistique qui le distingue. Dessinateur et sculpteur, il ne considère pas la forme comme un simple habillage : pour lui, elle doit exprimer une idée, une personnalité, presque une émotion. Lorsqu’il arrive en France, son parcours va prendre une dimension exceptionnelle, puisqu’il va rejoindre Citroën et mettre son talent au service d’une entreprise qui deviendra l’un des symboles de l’industrie française.

C’est là que son destin rejoint celui de la France. En travaillant sur les automobiles Citroën, Bertoni ne se contente pas de dessiner des carrosseries ; il transforme véritablement la manière de concevoir une voiture. Ses créations associent la mécanique, l’audace technologique et une recherche esthétique qui était encore relativement nouvelle dans l’industrie automobile. Ainsi naissent des modèles qui ne ressemblent à aucun autre et qui vont progressivement devenir des références mondiales.

La Traction Avant ouvre déjà la voie avec ses lignes modernes et sa silhouette reconnaissable. Puis vient la 2 CV, pensée comme une automobile populaire mais devenue, avec le temps, une véritable icône française. Mais c’est surtout avec la DS, présentée en 1955, que Bertoni atteint une forme de consécration artistique. Dès sa présentation au Salon de l’automobile de Paris, la voiture provoque l’étonnement : ses formes semblent venir du futur, tandis que ses lignes fluides rompent radicalement avec les habitudes de l’époque. La DS devient alors bien plus qu’une automobile ; elle devient un symbole de modernité, d’élégance et d’innovation, autrement dit un morceau du prestige français.

Et pourtant, derrière cette réussite exceptionnelle, le nom de celui qui en a imaginé les formes demeure étonnamment discret.

Le paradoxe Bertoni

C’est précisément là que se trouve le paradoxe. Comment peut-on connaître aussi bien une création et aussi peu son créateur ? La DS est connue dans le monde entier, la 2 CV est devenue une image presque universelle de la France, et la Traction appartient depuis longtemps à notre patrimoine automobile. Pourtant, lorsque l’on demande qui se trouve derrière ces lignes, le nom de Flaminio Bertoni ne vient que rarement.

Cette situation contraste avec celle de nombreux créateurs dont le nom est devenu une marque ou un symbole à part entière. Lorsqu’on parle de la création française, on pense immédiatement à Coco Chanel, Christian Dior, Yves Saint Laurent, Pierre Cardin ou Jean-Paul Gaultier. Lorsqu’on évoque le génie créatif italien, les noms de Gucci, Giorgio Armani, Versace, Valentino, Prada ou Ferragamo s’imposent naturellement. Ces créateurs ont bénéficié d’une formidable reconnaissance internationale et leurs noms sont devenus indissociables de l’image de leur pays.

Bertoni, lui, a connu un destin différent. Il n’a pas créé une maison portant son nom, il n’a pas bâti un empire du luxe et il n’a pas cherché à transformer son patronyme en marque mondiale. Il a simplement créé des formes qui ont fini par devenir des symboles. Peut-être est-ce précisément pour cette raison que son nom s’est progressivement effacé derrière ses œuvres.

Quand un Italien contribue au prestige français

Il serait pourtant injuste de regarder Bertoni uniquement à travers ses origines italiennes ou de vouloir choisir entre l’Italie et la France. Son histoire appartient précisément à ces deux pays, et c’est ce qui la rend si intéressante.

Bertoni est né Italien, mais c’est en France qu’il va accomplir une partie essentielle de son œuvre. Il y travaille, il y crée et il participe à une aventure industrielle française qui va rayonner dans le monde entier. Son talent personnel devient ainsi une partie du patrimoine français. Il n’y a là aucune contradiction : un homme peut conserver ses racines tout en contribuant pleinement à la grandeur de son pays d’adoption.

C’est même l’une des grandes richesses de l’histoire française. Le prestige d’un pays ne vient pas seulement de ceux qui y sont nés ; il vient également de ceux qui, venus d’ailleurs, ont choisi d’y vivre, d’y travailler et d’y apporter leur talent.

Flaminio Bertoni en est une illustration remarquable. Son génie était italien par ses origines, mais il a trouvé en France un environnement dans lequel il a pu s’exprimer et laisser une empreinte durable. Et lorsque la DS parcourt aujourd’hui les routes du monde, lorsque la 2 CV est admirée par des collectionneurs étrangers ou lorsque ces automobiles sont exposées dans les plus grands musées, c’est aussi une certaine idée de la création française qui rayonne.

Une histoire qui dépasse largement Bertoni

Mais l’histoire de Bertoni ne devrait pas s’arrêter à l’automobile. Elle nous invite à regarder avec davantage d’attention une autre histoire, beaucoup plus vaste et beaucoup moins racontée : celle des Italiens qui ont participé à la construction de la France.

Pendant des décennies, des millions d’Italiens sont venus en France pour travailler et construire une nouvelle vie. Certains sont devenus ouvriers dans les usines, d’autres maçons, artisans, commerçants, entrepreneurs, restaurateurs, agriculteurs ou ingénieurs. Beaucoup sont arrivés avec peu de moyens, parfois avec une simple valise, et ont dû apprendre une nouvelle langue, s’adapter à une nouvelle société et travailler durement pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

Leur contribution est pourtant souvent devenue invisible précisément parce qu’elle a réussi.

Leurs enfants et leurs petits-enfants sont devenus français. Les noms se sont francisés, les accents ont disparu, les familles se sont mélangées et les histoires personnelles se sont fondues dans la grande histoire nationale. Au fil des générations, on a parfois oublié que derrière certaines familles françaises se trouvait une histoire italienne.

C’est ainsi que des millions de destins individuels ont participé à la transformation du pays sans jamais apparaître dans les grands récits.

Ils ont construit, fabriqué, entrepris, créé et travaillé, souvent sans réclamer la moindre reconnaissance.

La grandeur d’un pays se construit aussi dans l’ombre

Nous avons tendance à raconter l’histoire à travers les grandes personnalités : les présidents, les écrivains, les artistes, les industriels célèbres, les inventeurs dont les noms sont devenus célèbres. Mais une nation ne se construit pas uniquement avec ses figures les plus connues. Elle se construit aussi avec des millions d’hommes et de femmes dont personne ne retiendra peut-être le nom.

C’est justement ce qui rend l’histoire de Bertoni si symbolique.

Il est devenu célèbre à travers ses créations sans bénéficier de la même célébrité que ses contemporains. Son œuvre a traversé les générations, tandis que son nom s’est progressivement effacé. Il représente donc à la fois le créateur exceptionnel et tous ceux qui ont contribué à la France sans jamais entrer dans la lumière.

À sa manière, Bertoni rappelle une vérité simple : le prestige d’une nation est souvent le résultat d’une œuvre collective.

Il y a ceux que l’on voit et ceux que l’on ne voit pas. Ceux dont le nom est inscrit dans les livres et ceux dont le travail est simplement devenu une partie du quotidien. Il y a les grandes signatures et les mains anonymes. Pourtant, les uns comme les autres participent à la même histoire.

Bertoni, un symbole de cette France ouverte aux talents

L’histoire de Flaminio Bertoni devrait donc être davantage enseignée et racontée, non seulement pour rendre justice à un grand designer automobile, mais aussi parce qu’elle raconte quelque chose de profondément français.

La France a toujours été capable d’attirer des talents venus d’ailleurs et de les intégrer à sa propre histoire. Certains sont devenus des figures majeures de la culture française tout en conservant une partie de leurs racines étrangères. D’autres sont restés beaucoup plus discrets, mais leur contribution n’en a pas été moins importante.

Bertoni appartient à cette deuxième catégorie.

Il ne faut pas chercher à savoir s’il faut le considérer comme Italien ou Français. Il faut accepter qu’il puisse être les deux. C’est précisément ce qui fait la richesse de son parcours.

Il était italien par sa naissance, mais il a donné une partie de son génie à la France. Il a travaillé pour une entreprise française, créé des automobiles devenues des symboles français et contribué à faire rayonner le savoir-faire français bien au-delà de nos frontières.

Son histoire est donc aussi celle d’une rencontre réussie entre deux cultures.

Rendre un nom à ceux qui ont donné sans réclamer

Aujourd’hui, alors que la DS est devenue une pièce de collection et que la 2 CV continue de susciter une affection presque universelle, il serait temps de regarder derrière les objets et de retrouver les hommes qui les ont imaginés.

Retrouver Bertoni, c’est retrouver un artiste.

C’est retrouver un Italien qui a choisi la France.

C’est retrouver un créateur qui a donné à l’industrie automobile une dimension artistique exceptionnelle.

Mais c’est aussi retrouver une partie de notre propre histoire.

Car derrière Bertoni se trouvent tous ces Italiens anonymes qui, comme lui à leur manière, ont contribué au rayonnement et à la prospérité de la France. Certains ont laissé derrière eux des œuvres mondialement connues ; d’autres ont simplement laissé une maison construite de leurs mains, une entreprise familiale, un commerce, un métier transmis à leurs enfants ou une famille devenue française.

Ils n’ont pas tous fait la une des journaux. Ils n’ont pas tous eu leur nom sur une plaque. Mais ils ont participé à la construction du pays.

C’est peut-être cela que nous devons retenir de Bertoni : une grande nation est aussi faite de ceux qui travaillent sans demander à être célébrés.

Ne plus laisser Bertoni dans l’ombre

Flaminio Bertoni mérite donc mieux qu’une simple note de bas de page dans l’histoire de Citroën. Il mérite d’être reconnu comme l’un des grands créateurs de l’automobile du XXe siècle et comme l’un de ces talents étrangers qui ont contribué à faire rayonner la France.

Son histoire nous rappelle que les frontières de la création sont rarement celles des passeports.

L’Italie lui a donné ses racines ; la France lui a donné un terrain pour exprimer son génie ; et le monde a reçu ses créations.

Il serait temps que son nom retrouve la place qui lui revient.

Et en le faisant, nous rendrions également hommage à tous ceux qui, venus d’Italie et d’ailleurs, ont contribué au fil des générations à construire la France sans jamais réclamer leur part de gloire.

Car derrière les grands noms et les grandes marques, derrière les monuments et les succès industriels, il y a toujours des femmes et des hommes qui ont travaillé dans l’ombre.

Flaminio Bertoni en est l’un des plus beaux symboles : un Italien devenu acteur du prestige français, un artiste dont les créations sont devenues françaises dans l’imaginaire collectif, et un homme dont le nom mérite enfin de sortir de l’ombre.

Et peut-être est-ce là la plus belle manière de lui rendre hommage : reconnaître non seulement le génie de Bertoni, mais aussi celui de tous ces millions d’Italiens qui, génération après génération, ont donné à la France leur travail, leur talent et une part de leur vie — souvent en silence, mais jamais sans laisser de traces.


Georges Orazio Spido,
Président de l’Alliance Italienne Universelle

🇮🇹 L’identité italienne vit aussi grâce à toi.
👉 Adhère à l’Alliance italienne universelle

Flaminio Bertoni, il genio italiano che contribuì al prestigio della Francia

Ci sono uomini il cui nome dovrebbe essere celebre quanto le loro creazioni e che, tuttavia, hanno attraversato la storia con una sorprendente discrezione. Flaminio Bertoni è uno di questi. Il suo nome è ancora oggi largamente sconosciuto al grande pubblico, mentre il suo lavoro ha segnato profondamente l’immagine della Francia nel mondo. Quando si evocano la Citroën DS, la 2 CV, la Traction Avant o ancora l’Ami 6, si pensa immediatamente ad automobili diventate emblematiche della creazione francese. Eppure, dietro queste silhouette ormai entrate nel nostro patrimonio, si trova un uomo nato in Italia, venuto a lavorare in Francia, il cui genio artistico contribuì a dare all’industria automobilistica francese una dimensione nuova.

Un Italiano al cuore di un’avventura francese

Nato a Varese, in Italia, nel 1903, Flaminio Bertoni manifestò molto presto una sensibilità artistica che lo distingueva. Disegnatore e scultore, non considerava la forma come un semplice rivestimento: per lui doveva esprimere un’idea, una personalità, quasi un’emozione. Quando arrivò in Francia, il suo percorso assunse una dimensione eccezionale, poiché entrò in Citroën e mise il proprio talento al servizio di un’impresa destinata a diventare uno dei simboli dell’industria francese.

È lì che il suo destino incontra quello della Francia. Lavorando sulle automobili Citroën, Bertoni non si limita a disegnare carrozzerie; trasforma realmente il modo di concepire un’automobile. Le sue creazioni associano la meccanica, l’audacia tecnologica e una ricerca estetica allora ancora relativamente nuova nell’industria automobilistica. Nascono così modelli che non assomigliano a nessun altro e che diventeranno progressivamente riferimenti mondiali.

La Traction Avant apre già la strada con le sue linee moderne e la sua silhouette riconoscibile. Poi arriva la 2 CV, pensata come automobile popolare ma diventata, con il tempo, una vera icona francese. Ma è soprattutto con la DS, presentata nel 1955, che Bertoni raggiunge una forma di consacrazione artistica. Fin dalla sua presentazione al Salone dell’automobile di Parigi, la vettura suscita stupore: le sue forme sembrano venire dal futuro, mentre le sue linee fluide rompono radicalmente con le abitudini dell’epoca. La DS diventa allora molto più di un’automobile; diventa un simbolo di modernità, eleganza e innovazione, in altre parole un frammento del prestigio francese.

E tuttavia, dietro questo successo eccezionale, il nome di colui che ne ha immaginato le forme rimane sorprendentemente discreto.

Il paradosso Bertoni

È precisamente qui che si trova il paradosso. Come si può conoscere così bene una creazione e così poco il suo creatore? La DS è conosciuta in tutto il mondo, la 2 CV è diventata un’immagine quasi universale della Francia, e la Traction appartiene da tempo al nostro patrimonio automobilistico. Eppure, quando si chiede chi si trovi dietro quelle linee, il nome di Flaminio Bertoni viene pronunciato raramente.

Questa situazione contrasta con quella di molti creatori il cui nome è diventato un marchio o un simbolo a pieno titolo. Quando si parla della creazione francese, si pensa immediatamente a Coco Chanel, Christian Dior, Yves Saint Laurent, Pierre Cardin o Jean-Paul Gaultier. Quando si evoca il genio creativo italiano, i nomi di Gucci, Giorgio Armani, Versace, Valentino, Prada o Ferragamo si impongono naturalmente. Questi creatori hanno beneficiato di un formidabile riconoscimento internazionale e i loro nomi sono diventati indissociabili dall’immagine del loro Paese.

Bertoni, invece, ha conosciuto un destino diverso. Non ha creato una maison che portasse il suo nome, non ha costruito un impero del lusso e non ha cercato di trasformare il proprio cognome in un marchio mondiale. Ha semplicemente creato forme che sono finite per diventare simboli. Forse è proprio per questa ragione che il suo nome si è progressivamente cancellato dietro le sue opere.

Quando un Italiano contribuisce al prestigio francese

Sarebbe tuttavia ingiusto guardare Bertoni soltanto attraverso le sue origini italiane o voler scegliere tra l’Italia e la Francia. La sua storia appartiene precisamente a questi due Paesi, ed è questo che la rende così interessante.

Bertoni nacque italiano, ma fu in Francia che compì una parte essenziale della sua opera. Vi lavorò, vi creò e partecipò a un’avventura industriale francese destinata a irradiarsi nel mondo intero. Il suo talento personale diventa così una parte del patrimonio francese. Non vi è alcuna contraddizione: un uomo può conservare le proprie radici contribuendo pienamente alla grandezza del suo Paese d’adozione.

È persino una delle grandi ricchezze della storia francese. Il prestigio di un Paese non deriva soltanto da coloro che vi sono nati; deriva anche da coloro che, venuti da altrove, hanno scelto di viverci, di lavorarci e di portarvi il proprio talento.

Flaminio Bertoni ne è un’illustrazione straordinaria. Il suo genio era italiano per origini, ma ha trovato in Francia un ambiente in cui potersi esprimere e lasciare un’impronta duratura. E quando oggi la DS percorre le strade del mondo, quando la 2 CV è ammirata da collezionisti stranieri o quando queste automobili sono esposte nei più grandi musei, è anche una certa idea della creazione francese a risplendere.

Una storia che va ben oltre Bertoni

Ma la storia di Bertoni non dovrebbe fermarsi all’automobile. Essa ci invita a guardare con maggiore attenzione un’altra storia, molto più vasta e molto meno raccontata: quella degli Italiani che hanno partecipato alla costruzione della Francia.

Per decenni, milioni di Italiani sono venuti in Francia per lavorare e costruirsi una nuova vita. Alcuni sono diventati operai nelle fabbriche, altri muratori, artigiani, commercianti, imprenditori, ristoratori, agricoltori o ingegneri. Molti sono arrivati con pochi mezzi, talvolta con una semplice valigia, e hanno dovuto imparare una nuova lingua, adattarsi a una nuova società e lavorare duramente per offrire un futuro migliore ai propri figli.

Eppure, il loro contributo è spesso diventato invisibile proprio perché è riuscito.

I loro figli e i loro nipoti sono diventati francesi. I nomi si sono francesizzati, gli accenti sono scomparsi, le famiglie si sono mescolate e le storie personali si sono fuse nella grande storia nazionale. Con il passare delle generazioni, si è talvolta dimenticato che dietro alcune famiglie francesi si trovava una storia italiana.

È così che milioni di destini individuali hanno partecipato alla trasformazione del Paese senza mai apparire nei grandi racconti.

Hanno costruito, fabbricato, intrapreso, creato e lavorato, spesso senza reclamare il minimo riconoscimento.

La grandezza di un Paese si costruisce anche nell’ombra

Tendiamo a raccontare la storia attraverso le grandi personalità: i presidenti, gli scrittori, gli artisti, gli industriali celebri, gli inventori i cui nomi sono diventati famosi. Ma una nazione non si costruisce soltanto con le sue figure più note. Si costruisce anche con milioni di uomini e donne di cui forse nessuno ricorderà il nome.

È proprio questo che rende la storia di Bertoni così simbolica.

Egli è diventato celebre attraverso le sue creazioni senza beneficiare della stessa notorietà dei suoi contemporanei. La sua opera ha attraversato le generazioni, mentre il suo nome si è progressivamente cancellato. Rappresenta quindi al tempo stesso il creatore eccezionale e tutti coloro che hanno contribuito alla Francia senza mai entrare nella luce.

A modo suo, Bertoni ricorda una verità semplice: il prestigio di una nazione è spesso il risultato di un’opera collettiva.

Ci sono quelli che si vedono e quelli che non si vedono. Quelli il cui nome è scritto nei libri e quelli il cui lavoro è semplicemente diventato parte della vita quotidiana. Ci sono le grandi firme e le mani anonime. Eppure, gli uni come gli altri partecipano alla stessa storia.

Bertoni, un simbolo di questa Francia aperta ai talenti

La storia di Flaminio Bertoni dovrebbe dunque essere maggiormente insegnata e raccontata, non solo per rendere giustizia a un grande designer automobilistico, ma anche perché racconta qualcosa di profondamente francese.

La Francia è sempre stata capace di attirare talenti venuti da altrove e di integrarli nella propria storia. Alcuni sono diventati figure maggiori della cultura francese pur conservando una parte delle loro radici straniere. Altri sono rimasti molto più discreti, ma il loro contributo non è stato per questo meno importante.

Bertoni appartiene a questa seconda categoria.

Non bisogna cercare di stabilire se lo si debba considerare italiano o francese. Bisogna accettare che possa essere entrambe le cose. È precisamente questo che rende ricco il suo percorso.

Era italiano per nascita, ma ha dato una parte del proprio genio alla Francia. Ha lavorato per un’impresa francese, creato automobili diventate simboli francesi e contribuito a far risplendere il savoir-faire francese ben oltre i confini nazionali.

La sua storia è dunque anche quella di un incontro riuscito tra due culture.

Restituire un nome a coloro che hanno dato senza reclamare

Oggi, mentre la DS è diventata un pezzo da collezione e la 2 CV continua a suscitare un affetto quasi universale, sarebbe tempo di guardare dietro gli oggetti e ritrovare gli uomini che li hanno immaginati.

Ritrovare Bertoni significa ritrovare un artista.

Significa ritrovare un Italiano che ha scelto la Francia.

Significa ritrovare un creatore che ha dato all’industria automobilistica una dimensione artistica eccezionale.

Ma significa anche ritrovare una parte della nostra stessa storia.

Perché dietro Bertoni si trovano tutti quegli Italiani anonimi che, come lui a modo loro, hanno contribuito al prestigio e alla prosperità della Francia. Alcuni hanno lasciato dietro di sé opere conosciute in tutto il mondo; altri hanno semplicemente lasciato una casa costruita con le proprie mani, un’impresa familiare, un commercio, un mestiere trasmesso ai figli o una famiglia diventata francese.

Non sono tutti finiti sulle prime pagine dei giornali. Non hanno avuto tutti il proprio nome su una targa. Ma hanno partecipato alla costruzione del Paese.

È forse questo che dobbiamo ricordare di Bertoni: una grande nazione è fatta anche di coloro che lavorano senza chiedere di essere celebrati.

Non lasciare più Bertoni nell’ombra

Flaminio Bertoni merita dunque più di una semplice nota a piè di pagina nella storia di Citroën. Merita di essere riconosciuto come uno dei grandi creatori dell’automobile del XX secolo e come uno di quei talenti stranieri che hanno contribuito a far risplendere la Francia.

La sua storia ci ricorda che le frontiere della creazione raramente coincidono con quelle dei passaporti.

L’Italia gli ha dato le radici; la Francia gli ha dato un terreno su cui esprimere il proprio genio; e il mondo ha ricevuto le sue creazioni.

Sarebbe tempo che il suo nome ritrovasse il posto che gli spetta.

E così facendo, renderemmo anche omaggio a tutti coloro che, venuti dall’Italia e da altrove, hanno contribuito, generazione dopo generazione, a costruire la Francia senza mai reclamare la loro parte di gloria.

Perché dietro i grandi nomi e i grandi marchi, dietro i monumenti e i successi industriali, ci sono sempre donne e uomini che hanno lavorato nell’ombra.

Flaminio Bertoni ne è uno dei simboli più belli: un Italiano diventato protagonista del prestigio francese, un artista le cui creazioni sono diventate francesi nell’immaginario collettivo, e un uomo il cui nome merita finalmente di uscire dall’ombra.

E forse è proprio questo il modo più bello di rendergli omaggio: riconoscere non solo il genio di Bertoni, ma anche quello di tutti quei milioni di Italiani che, generazione dopo generazione, hanno dato alla Francia il loro lavoro, il loro talento e una parte della loro vita — spesso in silenzio, ma mai senza lasciare tracce.

Georges Orazio Spido
Presidente dell’Alleanza Italiana Universale

🇮🇹 L’identità italiana vive anche grazie a te.
👉 Aderisci all’Alleanza Italiana Universale

Flaminio Bertoni, the Italian Genius Who Contributed to France’s Prestige

There are men whose names should be as famous as their creations, and yet who have passed through history with astonishing discretion. Flaminio Bertoni is one of them. His name remains largely unknown to the general public today, although his work profoundly shaped France’s image throughout the world. When we speak of the Citroën DS, the 2 CV, the Traction Avant, or even the Ami 6, we immediately think of automobiles that have become emblematic of French creativity. Yet behind these silhouettes, now part of our heritage, stands a man born in Italy, who came to work in France, and whose artistic genius helped give the French automobile industry a new dimension.

An Italian at the Heart of a French Adventure

Born in Varese, Italy, in 1903, Flaminio Bertoni very early revealed an artistic sensitivity that set him apart. A draftsman and sculptor, he did not see form as a mere covering: for him, it had to express an idea, a personality, almost an emotion. When he arrived in France, his path took on an exceptional dimension, as he joined Citroën and placed his talent at the service of a company that would become one of the symbols of French industry.

It was there that his destiny met that of France. By working on Citroën automobiles, Bertoni did not merely design bodywork; he truly transformed the way a car was conceived. His creations combined mechanics, technological boldness, and an aesthetic quest that was still relatively new in the automobile industry. Thus were born models that looked like no others and would gradually become worldwide references.

The Traction Avant already paved the way with its modern lines and recognizable silhouette. Then came the 2 CV, designed as a popular car but, over time, transformed into a true French icon. But it was above all with the DS, unveiled in 1955, that Bertoni achieved a kind of artistic consecration. From its very presentation at the Paris Motor Show, the car caused astonishment: its forms seemed to come from the future, while its fluid lines broke radically with the habits of the time. The DS then became far more than an automobile; it became a symbol of modernity, elegance, and innovation — in other words, a piece of French prestige.

And yet, behind this exceptional success, the name of the man who imagined its forms remains surprisingly discreet.

The Bertoni Paradox

This is precisely where the paradox lies. How can one know a creation so well and its creator so little? The DS is known throughout the world, the 2 CV has become an almost universal image of France, and the Traction has long belonged to our automobile heritage. Yet when one asks who lies behind those lines, the name Flaminio Bertoni is rarely mentioned.

This situation contrasts with that of many creators whose names have become brands or symbols in their own right. When one speaks of French creation, names such as Coco Chanel, Christian Dior, Yves Saint Laurent, Pierre Cardin, or Jean-Paul Gaultier immediately come to mind. When one evokes Italian creative genius, the names Gucci, Giorgio Armani, Versace, Valentino, Prada, or Ferragamo naturally impose themselves. These creators benefited from tremendous international recognition, and their names became inseparable from the image of their countries.

Bertoni, however, had a different destiny. He did not create a house bearing his name, he did not build a luxury empire, and he did not seek to transform his surname into a global brand. He simply created forms that eventually became symbols. Perhaps it is precisely for this reason that his name gradually faded behind his works.

When an Italian Contributes to French Prestige

It would nevertheless be unfair to look at Bertoni solely through his Italian origins, or to want to choose between Italy and France. His story belongs precisely to both countries, and that is what makes it so interesting.

Bertoni was born Italian, but it was in France that he accomplished an essential part of his work. He worked there, created there, and participated in a French industrial adventure that would shine throughout the world. His personal talent thus became part of French heritage. There is no contradiction here: a man can preserve his roots while contributing fully to the greatness of his adopted country.

It is even one of the great riches of French history. The prestige of a country does not come only from those who were born there; it also comes from those who, arriving from elsewhere, chose to live there, work there, and bring their talent to it.

Flaminio Bertoni is a remarkable illustration of this. His genius was Italian in its origins, but he found in France an environment in which he could express himself and leave a lasting mark. And when the DS travels the roads of the world today, when the 2 CV is admired by foreign collectors, or when these automobiles are displayed in the greatest museums, it is also a certain idea of French creativity that shines.

A Story That Goes Far Beyond Bertoni

But Bertoni’s story should not stop with the automobile. It invites us to look more closely at another history, much broader and far less often told: that of the Italians who helped build France.

For decades, millions of Italians came to France to work and build a new life. Some became factory workers; others became masons, craftsmen, shopkeepers, entrepreneurs, restaurateurs, farmers, or engineers. Many arrived with little, sometimes with nothing more than a simple suitcase, and had to learn a new language, adapt to a new society, and work hard to offer their children a better future.

Yet their contribution often became invisible precisely because it succeeded.

Their children and grandchildren became French. Names were Frenchified, accents disappeared, families mingled, and personal stories merged into the great national story. Over the generations, people sometimes forgot that behind certain French families lay an Italian history.

Thus millions of individual destinies took part in transforming the country without ever appearing in the great narratives.

They built, manufactured, undertook, created, and worked — often without demanding the slightest recognition.

The Greatness of a Country Is Also Built in the Shadows

We tend to tell history through great figures: presidents, writers, artists, famous industrialists, inventors whose names have become celebrated. But a nation is not built only by its best-known figures. It is also built by millions of men and women whose names perhaps no one will remember.

That is precisely what makes Bertoni’s story so symbolic.

He became famous through his creations without enjoying the same fame as his contemporaries. His work crossed generations, while his name gradually faded. He therefore represents both the exceptional creator and all those who contributed to France without ever stepping into the light.

In his own way, Bertoni reminds us of a simple truth: the prestige of a nation is often the result of a collective work.

There are those we see and those we do not see. Those whose names are written in books and those whose work has simply become part of daily life. There are great signatures and anonymous hands. Yet both participate in the same history.

Bertoni, a Symbol of a France Open to Talent

The story of Flaminio Bertoni should therefore be taught and told more often, not only to do justice to a great automobile designer, but also because it says something profoundly French.

France has always been able to attract talents from elsewhere and integrate them into its own history. Some became major figures of French culture while preserving part of their foreign roots. Others remained far more discreet, but their contribution was no less important.

Bertoni belongs to this second category.

We should not try to decide whether he should be considered Italian or French. We must accept that he can be both. That is precisely what gives richness to his journey.

He was Italian by birth, but he gave part of his genius to France. He worked for a French company, created automobiles that became French symbols, and helped make French know-how shine far beyond our borders.

His story is therefore also that of a successful encounter between two cultures.

Giving a Name Back to Those Who Gave Without Asking

Today, as the DS has become a collector’s item and the 2 CV continues to inspire almost universal affection, it is time to look behind the objects and rediscover the people who imagined them.

To rediscover Bertoni is to rediscover an artist.

It is to rediscover an Italian who chose France.

It is to rediscover a creator who gave the automobile industry an exceptional artistic dimension.

But it is also to rediscover part of our own history.

For behind Bertoni stand all those anonymous Italians who, like him in their own way, contributed to the influence and prosperity of France. Some left behind works known throughout the world; others simply left a house built with their own hands, a family business, a shop, a trade passed on to their children, or a family that became French.

They did not all make the front pages of newspapers. They did not all have their names on plaques. But they helped build the country.

Perhaps this is what we should remember from Bertoni: a great nation is also made of those who work without asking to be celebrated.

No Longer Leaving Bertoni in the Shadows

Flaminio Bertoni deserves better than a mere footnote in the history of Citroën. He deserves to be recognized as one of the great automobile creators of the twentieth century and as one of those foreign talents who helped make France shine.

His story reminds us that the borders of creation are rarely those of passports.

Italy gave him his roots; France gave him a ground on which to express his genius; and the world received his creations.

It is time for his name to regain the place it deserves.

And by doing so, we would also pay tribute to all those who, from Italy and elsewhere, contributed over the generations to building France without ever claiming their share of glory.

For behind the great names and great brands, behind monuments and industrial successes, there are always women and men who worked in the shadows.

Flaminio Bertoni is one of the finest symbols of this: an Italian who became an actor in French prestige, an artist whose creations became French in the collective imagination, and a man whose name finally deserves to emerge from the shadows.

And perhaps that is the most beautiful way to pay homage to him: to recognize not only Bertoni’s genius, but also that of all those millions of Italians who, generation after generation, gave France their work, their talent, and part of their lives — often in silence, but never without leaving traces.

Georges Orazio Spido,
President of the Universal Italian Alliance

🇮🇹 Italian identity lives on thanks to you.
👉 Join the Italian Universal Alliance