
L’histoire de l’Italie ne commence pas en 1861.
Elle ne commence pas non plus avec une péninsule figée dans ses frontières actuelles. Elle est plus ancienne, plus large, plus complexe — et parfois plus douloureuse que le récit national transmis au fil des générations.
Pour les Italiens du monde, pour celles et ceux issus de l’émigration italienne, comprendre ses racines suppose d’accepter une vérité essentielle : l’Italie s’est construite par des alliances, des guerres, des sacrifices territoriaux et des fractures internes. Elle est née autant de ce qu’elle a gagné que de ce qu’elle a perdu.
Un monde avant les frontières : les États de la Maison de Savoie
Pendant près de huit siècles, le Piémont, la Savoie, le Val d’Aoste et le Comté de Nice ont formé un même ensemble politique sous l’autorité de la Maison de Savoie. Cet État n’était pas une périphérie de l’Europe, mais un axe stratégique majeur, reliant le nord et le sud du continent, les Alpes et la Méditerranée.
Chambéry fut longtemps la capitale de cet ensemble, avant que le duc Emmanuel-Philibert ne transfère la capitale à Turin en 1562. Ce déplacement ne marque pas une rupture, mais une adaptation géopolitique : l’État savoyard se projette davantage vers la péninsule italienne, sans rompre avec ses racines alpines.
Dans ce monde, les Alpes ne sont pas des frontières. Elles sont des passages.
Le Val d’Aoste joue un rôle central : territoire francophone, carrefour stratégique, lien naturel entre la Savoie et le Piémont. Il est savoyard par histoire, alpin par culture, italien par destin politique futur.
L’art comme preuve d’une unité ancienne
Cette continuité historique se lit encore aujourd’hui dans l’art.
Du XVIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, des artistes venus du Piémont, de la Valsesia, de Varallo et du Val d’Aoste traversent librement les cols alpins pour travailler en Savoie. Des noms comme Todesco, Martelli et d’autres maîtres sculpteurs et retablistes laissent leur empreinte dans les églises savoyardes.
Retables, sculptures en bois, décors baroques témoignent d’un langage artistique commun. L’art ignore les frontières modernes. Il circule là où circulent les hommes, les croyances et les savoir-faire. Ces œuvres racontent une vérité profonde : ces territoires formaient un même monde culturel, bien avant d’être séparés politiquement.
Le XIXᵉ siècle : quand l’Europe impose ses choix
Au XIXᵉ siècle, l’Europe entre dans l’ère des États-nations. L’Italie, alors morcelée, aspire à son unité. Mais cette unité est impossible sans affronter une puissance dominante : l’Empire d’Autriche, qui contrôle le nord de la péninsule.
Le seul État capable de porter ce projet est le Royaume de Sardaigne, dirigé par la Maison de Savoie, avec Turin pour capitale. Mais ce royaume est trop faible pour vaincre seul. Il lui faut une alliance.
Cette alliance sera française.
Napoléon III accepte d’aider militairement le Piémont contre l’Autriche. Mais cette aide a un prix : la cession de la Savoie et du Comté de Nice. Ce n’est ni un choix culturel, ni un reniement identitaire. C’est un sacrifice géopolitique.
Le Traité de Turin du 24 mars 1860, suivi de plébiscites, officialise ce transfert. La Savoie et Nice deviennent françaises. Elles ne quittent pas l’Italie : elles quittent l’État savoyard pour permettre à l’Italie de naître.
Le Val d’Aoste, en revanche, reste italien. Il est indispensable militairement : il contrôle les grands cols alpins. Le céder aurait mis en péril le futur État italien.
L’unité italienne : une conquête, pas un consensus
Mais l’unification italienne ne se fait pas seulement contre l’Autriche.
Au sud de la péninsule existe un État puissant et ancien : le Royaume des Deux-Siciles, gouverné par la dynastie des Bourbons, avec Naples pour capitale. Contrairement à une idée reçue, ce royaume n’est ni marginal ni archaïque. Il est l’un des plus grands États d’Europe.
En 1860, tandis que les Alpes changent de souveraineté, Giuseppe Garibaldi mène l’Expédition des Mille en Sicile. Cette opération, souvent présentée comme une épopée populaire, est en réalité une guerre de conquête, soutenue politiquement et stratégiquement par le Piémont.
Le Royaume des Deux-Siciles est vaincu, annexé. S’ensuit une longue période de conflits, appelée brigandage, qui fut en réalité une guerre civile, surtout dans le sud de l’Italie. L’unité italienne s’impose par la force, laissant des blessures durables entre Nord et Sud.
Il faut le dire clairement :
👉 l’Italie s’est unifiée par la guerre, contre des puissances étrangères et contre d’autres États italiens.
Ce que les frontières ont effacé, l’art l’a conservé
Les frontières issues de 1860–1861 ont figé les territoires. Les récits nationaux ont simplifié l’histoire. Mais l’art, la culture et les mémoires locales ont résisté.
Dans les églises savoyardes, dans les chapelles valdôtaines, dans les traditions piémontaises et méridionales, subsistent les traces d’une Italie plurielle, née de circulations anciennes, non de lignes tracées sur une carte.
Comprendre cela n’affaiblit pas l’Italie.
Cela la rend adulte.
Un message aux Italiens du monde
Pour les Italiens issus de l’émigration, cette histoire est essentielle. Elle permet de comprendre que leurs racines ne sont pas enfermées dans une péninsule, mais plongent dans un espace européen plus vaste, alpin et méditerranéen à la fois.
L’Italie moderne est née :
Comprendre cela, ce n’est pas se diviser.
C’est se réconcilier avec la vérité du temps long.
Et transmettre aux générations futures une mémoire complète, solide, débarrassée des mythes réducteurs.
Georges Orazio Spido,
Président de l’Alliance Italienne Universelle
🇮🇹 L’identité italienne vit aussi grâce à toi.
👉 Adhère à l’Alliance italienne universelle

La storia dell’Italia non comincia nel 1861.
Non comincia nemmeno con una penisola fissata nei suoi confini attuali. È più antica, più ampia, più complessa — e talvolta più dolorosa del racconto nazionale trasmesso di generazione in generazione.
Per gli Italiani del mondo, per coloro che discendono dall’emigrazione italiana, comprendere le proprie radici significa accettare una verità essenziale: l’Italia si è costruita attraverso alleanze, guerre, sacrifici territoriali e fratture interne. È nata tanto da ciò che ha guadagnato quanto da ciò che ha perduto.
Per quasi otto secoli, il Piemonte, la Savoia, la Valle d’Aosta e la Contea di Nizza hanno formato un unico insieme politico sotto l’autorità della Casa di Savoia. Questo Stato non era una periferia dell’Europa, ma un asse strategico di primaria importanza, che collegava il nord e il sud del continente, le Alpi e il Mediterraneo.
Chambéry fu a lungo la capitale di questo insieme, prima che il duca Emanuele Filiberto trasferisse la capitale a Torino nel 1562. Questo spostamento non segnò una rottura, ma un adattamento geopolitico: lo Stato sabaudo si proiettò maggiormente verso la penisola italiana, senza recidere le proprie radici alpine.
In questo mondo, le Alpi non sono frontiere. Sono passaggi.
La Valle d’Aosta svolge un ruolo centrale: territorio francofono, crocevia strategico, legame naturale tra la Savoia e il Piemonte. È sabauda per storia, alpina per cultura, italiana per destino politico futuro.
Questa continuità storica è ancora oggi leggibile nell’arte.
Tra il XVII e il XVIII secolo, artisti provenienti dal Piemonte, dalla Valsesia, da Varallo e dalla Valle d’Aosta attraversano liberamente i valichi alpini per lavorare in Savoia. Nomi come Todesco, Martelli e altri maestri scultori e intagliatori di retabli lasciano la loro impronta nelle chiese savoiarde.
Pale d’altare, sculture lignee, decorazioni barocche testimoniano un linguaggio artistico comune. L’arte ignora le frontiere moderne: circola là dove circolano gli uomini, le credenze e i saperi. Queste opere raccontano una verità profonda: questi territori formavano un medesimo mondo culturale, ben prima di essere separati politicamente.
Nel XIX secolo, l’Europa entra nell’era degli Stati-nazione. L’Italia, allora frammentata, aspira all’unità. Ma questa unità è impossibile senza affrontare una potenza dominante: l’Impero austriaco, che controlla il nord della penisola.
L’unico Stato in grado di portare avanti questo progetto è il Regno di Sardegna, guidato dalla Casa di Savoia, con capitale Torino. Ma questo regno è troppo debole per vincere da solo. Ha bisogno di un’alleanza.
Questa alleanza sarà francese.
Napoleone III accetta di aiutare militarmente il Piemonte contro l’Austria. Ma questo aiuto ha un prezzo: la cessione della Savoia e della Contea di Nizza. Non si tratta né di una scelta culturale né di un rinnegamento identitario. È un sacrificio geopolitico.
Il Trattato di Torino del 24 marzo 1860, seguito da plebisciti, ufficializza questo trasferimento. La Savoia e Nizza diventano francesi. Non lasciano l’Italia: lasciano lo Stato sabaudo per permettere all’Italia di nascere.
La Valle d’Aosta, invece, rimane italiana. È indispensabile dal punto di vista militare: controlla i grandi valichi alpini. Cederla avrebbe messo in pericolo il futuro Stato italiano.
Ma l’unificazione italiana non si realizza solo contro l’Austria.
Nel sud della penisola esiste uno Stato potente e antico: il Regno delle Due Sicilie, governato dalla dinastia dei Borbone, con capitale Napoli. Contrariamente a un’idea diffusa, questo regno non è né marginale né arretrato. È uno dei più grandi Stati d’Europa.
Nel 1860, mentre le Alpi cambiano sovranità, Giuseppe Garibaldi guida la Spedizione dei Mille in Sicilia. Questa operazione, spesso presentata come un’epopea popolare, è in realtà una guerra di conquista, sostenuta politicamente e strategicamente dal Piemonte.
Il Regno delle Due Sicilie viene sconfitto e annesso. Segue una lunga fase di conflitti, nota come brigantaggio, che fu in realtà una guerra civile, soprattutto nel sud dell’Italia. L’unità italiana si impone con la forza, lasciando ferite durature tra Nord e Sud.
Occorre dirlo chiaramente:
👉 l’Italia si è unificata attraverso la guerra, contro potenze straniere e contro altri Stati italiani.
Le frontiere nate tra il 1860 e il 1861 hanno irrigidito i territori. I racconti nazionali hanno semplificato la storia. Ma l’arte, la cultura e le memorie locali hanno resistito.
Nelle chiese savoiarde, nelle cappelle valdostane, nelle tradizioni piemontesi e meridionali, sopravvivono le tracce di un’Italia plurale, nata da circolazioni antiche, non da linee tracciate su una mappa.
Comprendere tutto questo non indebolisce l’Italia.
La rende adulta.
Per gli Italiani dell’emigrazione, questa storia è essenziale. Permette di comprendere che le loro radici non sono rinchiuse in una penisola, ma affondano in uno spazio europeo più vasto, al tempo stesso alpino e mediterraneo.
L’Italia moderna è nata:
• da perdite territoriali (Savoia, Nizza),
• da conquiste interne (Regno delle Due Sicilie),
• da scelte politiche difficili,
• e da una cultura comune più antica degli Stati.
Comprendere questo non significa dividersi.
Significa riconciliarsi con la verità del tempo lungo.
E trasmettere alle generazioni future una memoria completa, solida, libera dai miti riduttivi.
Georges Orazio Spido
Presidente dell’Alleanza Italiana Universale
🇮🇹 L’identità italiana vive anche grazie a te.
👉 Aderisci all’Alleanza Italiana Universale

The history of Italy does not begin in 1861.
Nor does it begin with a peninsula fixed within its present-day borders. It is older, broader, more complex—and at times more painful—than the national narrative passed down through generations.
For Italians around the world, and for those descended from Italian emigration, understanding one’s roots requires accepting an essential truth: Italy was built through alliances, wars, territorial sacrifices, and internal fractures. It was shaped as much by what it gained as by what it lost.
For nearly eight centuries, Piedmont, Savoy, the Aosta Valley, and the County of Nice formed a single political entity under the authority of the House of Savoy. This state was not a peripheral corner of Europe, but a major strategic axis linking northern and southern Europe, the Alps and the Mediterranean.
Chambéry long served as the capital of this entity, until Duke Emmanuel Philibert transferred it to Turin in 1562. This move did not mark a rupture, but a geopolitical adaptation: the Savoyard state projected itself more clearly toward the Italian peninsula while maintaining its Alpine roots.
In this world, the Alps were not borders. They were passages.
The Aosta Valley played a central role: a French-speaking territory, a strategic crossroads, and a natural link between Savoy and Piedmont. Savoyard by history, Alpine by culture, Italian by future political destiny.
This historical continuity can still be read today through art.
From the 17th to the 18th century, artists from Piedmont, Valsesia, Varallo, and the Aosta Valley freely crossed Alpine passes to work in Savoy. Names such as Todesco, Martelli, and other master sculptors and altarpiece makers left their mark on Savoyard churches.
Altarpieces, wooden sculptures, and Baroque decorations bear witness to a shared artistic language. Art ignores modern borders: it circulates wherever people, beliefs, and craftsmanship circulate. These works reveal a deep truth: these territories formed a single cultural world long before they were politically divided.
In the 19th century, Europe entered the era of nation-states. Italy, then fragmented, aspired to unity. But this unity could not be achieved without confronting a dominant power: the Austrian Empire, which controlled northern Italy.
The only state capable of carrying this project was the Kingdom of Sardinia, led by the House of Savoy, with Turin as its capital. Yet this kingdom was too weak to prevail alone. It required an alliance.
That alliance would be with France.
Napoleon III agreed to provide military support to Piedmont against Austria—but at a price: the cession of Savoy and the County of Nice. This was neither a cultural choice nor an act of identity denial. It was a geopolitical sacrifice.
The Treaty of Turin of March 24, 1860, followed by plebiscites, formalized this transfer. Savoy and Nice became French. They did not leave Italy; they left the Savoyard state to allow Italy to be born.
The Aosta Valley, however, remained Italian. It was militarily indispensable, controlling major Alpine passes. Ceding it would have jeopardized the future Italian state.
But Italian unification was not achieved only against Austria.
In the south of the peninsula stood a powerful and ancient state: the Kingdom of the Two Sicilies, ruled by the Bourbon dynasty, with Naples as its capital. Contrary to popular belief, this kingdom was neither marginal nor backward. It was one of the largest states in Europe.
In 1860, while sovereignty shifted in the Alps, Giuseppe Garibaldi led the Expedition of the Thousand in Sicily. Often portrayed as a popular epic, this operation was in reality a war of conquest, politically and strategically supported by Piedmont.
The Kingdom of the Two Sicilies was defeated and annexed. A long period of conflict followed, known as brigandage, which was in fact a civil war, particularly in southern Italy. Italian unity was imposed by force, leaving deep and lasting wounds between North and South.
This must be stated clearly:
👉 Italy was unified through war—against foreign powers and against other Italian states.
The borders established between 1860 and 1861 froze territories. National narratives simplified history. But art, culture, and local memories resisted.
In Savoyard churches, in Aostan chapels, in Piedmontese and southern traditions, traces remain of a plural Italy—born of ancient circulations, not of lines drawn on a map.
Understanding this does not weaken Italy.
It makes it mature.
For Italians of the diaspora, this history is essential. It helps them understand that their roots are not confined to a peninsula, but extend into a broader European space—both Alpine and Mediterranean.
Modern Italy was born:
• from territorial losses (Savoy, Nice),
• from internal conquests (the Kingdom of the Two Sicilies),
• from difficult political choices,
• and from a shared culture older than the states themselves.
Understanding this is not divisive.
It is a reconciliation with the truth of the long durée.
And it allows future generations to inherit a complete, solid memory—freed from reductive myths.
Georges Orazio Spido,
President of the Universal Italian Alliance
🇮🇹 Italian identity lives on thanks to you.
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