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Editorial 62

L’immigration italienne ne tient pas dans l’Homme de Vitruve

Nous avons érigé des monuments à la grandeur de l’Italie. Mais où sont ceux qui disent simplement : merci à ceux qui sont partis ?

C’est une question que nous devons avoir le courage de poser.

Car à Rome comme à Paris, deux capitales liées par l’histoire, la culture et des accords de jumelage, il n’existe toujours pas de véritable monument à la hauteur de l’histoire de l’émigration italienne. Il manque un lieu capable de rendre hommage à nos parents, à nos grands-parents, à nos aïeux, à tous ceux qui ont quitté l’Italie avec une valise, parfois presque rien d’autre, pour chercher du travail, construire une famille et recommencer leur vie ailleurs.

Cette absence est d’autant plus surprenante que l’émigration italienne a profondément marqué le monde. De l’Europe aux Amériques, de l’Australie à de nombreuses autres régions, des millions d’Italiens ont quitté leur pays et contribué à la construction des sociétés qui les ont accueillis. Ils ont travaillé dans les usines, les mines, les chantiers, les commerces et les campagnes ; ils ont créé des entreprises, des associations, des familles et des communautés, laissant une histoire qui vit encore aujourd’hui à travers leurs descendants.

Pourtant, cette histoire reste trop souvent confinée à la mémoire familiale. Notre propre histoire, celle des enfants et des descendants de l’émigration italienne, demeure elle aussi largement absente de l’espace public. Nous sommes les héritiers de ceux qui sont partis, de leur courage, de leurs sacrifices et de leur volonté d’offrir à leurs enfants un avenir meilleur. Leur histoire ne s’est pas arrêtée au moment du départ : elle s’est poursuivie dans les pays d’accueil et a donné naissance à des générations qui portent encore cet héritage.

C’est précisément pour cette raison qu’un monument consacré à l’émigration italienne doit représenter l’émigré et non simplement l’Italie.

Un homme avec une valise, une femme tenant son enfant dans ses bras, une famille en route vers un avenir inconnu : ces figures raconteraient immédiatement ce que fut cette histoire. La valise évoque le départ et le déracinement ; la femme et l’enfant, la famille et la transmission ; le travailleur, la contribution à la société d’accueil ; les générations suivantes, la continuité d’une histoire qui ne s’est pas achevée avec ceux qui ont franchi une frontière.

Et c’est précisément là que se pose la question de l’Homme de Vitruve.

Léonard de Vinci représente admirablement la Renaissance et le génie de la culture italienne, mais il ne représente pas l’émigration italienne. Sa présence en France, en 1516, à la fin de sa vie, appartient à l’histoire des échanges artistiques et intellectuels de la Renaissance et non à celle de l’émigration italienne des XIXe et XXe siècles. L’Homme de Vitruve est une étude des proportions du corps humain ; devenu au fil du temps l’un des symboles universels de l’Italie, il peut parfaitement représenter son patrimoine culturel, mais il ne raconte ni le départ des émigrés, ni leur voyage, ni leur travail, ni leur vie familiale, ni les générations nées de cette émigration.

Il représente l’Italie ; il ne représente pas les Italiens qui l’ont quittée.

La distinction est fondamentale. Un monument de mémoire n’est pas un logo destiné simplement à identifier un pays : il doit raconter une histoire. Et celle de l’émigration italienne est avant tout une histoire humaine, faite d’hommes et de femmes qui ont pris la route avec peu de moyens, mais avec le courage nécessaire pour changer leur destin et contribuer, par leur travail et leur famille, à la construction des pays qui les ont accueillis.

Cette exigence ne concerne d’ailleurs pas seulement Rome et Paris. Elle doit s’appliquer partout où les Italiens ont émigré et où leur mémoire mérite d’être inscrite dans l’espace public. À Buenos Aires, São Paulo, New York, Montréal, Melbourne, Bruxelles, Londres ou dans tant d’autres villes du monde, les monuments consacrés à cette histoire devraient transmettre le même message : ici sont honorés ceux qui sont partis, ceux qui ont travaillé, ceux qui ont fondé des familles et ceux qui, génération après génération, ont fait vivre leur héritage dans leur nouvelle patrie.

Rome et Paris pourraient montrer l’exemple. Deux capitales liées par des relations historiques et par un jumelage ne devraient-elles pas être capables d’offrir à cette mémoire un lieu digne de son importance ? Un lieu où les descendants puissent enfin dire, avec simplicité et fierté : merci à ceux qui sont venus avant nous, et où les générations futures puissent comprendre que derrière les chiffres de l’émigration se trouvaient des visages, des familles, des sacrifices, des espoirs et des destins.

Il est temps que cette histoire sorte des albums de famille et des souvenirs transmis de génération en génération pour entrer pleinement dans la mémoire collective.

Nos parents sont partis. Nos aïeux ont construit. Nous sommes leurs héritiers.

Pour cette raison, nous ne pouvons plus nous satisfaire d’une mémoire symbolique, générique ou simplement décorative. Nous demandons que l’histoire de l’émigration italienne trouve enfin la place qui lui revient dans l’espace public, à travers des monuments qui représentent réellement les hommes et les femmes qui sont partis et les générations qui sont nées de leur courage.

Nous ne demandons pas un monument pour glorifier les difficultés du passé, mais pour reconnaître le courage de ceux qui les ont affrontées. Nous ne demandons pas seulement que l’on se souvienne de ceux qui sont partis, mais que l’on reconnaisse ce qu’ils ont construit dans les pays qui les ont accueillis. Et surtout, nous ne demandons pas que l’on célèbre simplement l’Italie : nous demandons que l’on rende enfin hommage aux Italiens qui ont eu le courage de la quitter.

C’est là une responsabilité qui appartient aux institutions italiennes, aux institutions des pays d’accueil, aux villes, aux associations et aux communautés italiennes du monde entier. À Rome comme à Paris, et dans toutes les villes qui ont accueilli l’émigration italienne, il est temps de passer de la mémoire privée à la mémoire publique, des souvenirs familiaux à une véritable reconnaissance collective.

Chaque communauté italienne de la diaspora possède son histoire particulière, mais toutes partagent une même origine : un départ, un voyage, une arrivée et la volonté de reconstruire une vie. Cette histoire appartient désormais autant aux pays d’accueil qu’à l’Italie elle-même, car les Italiens qui sont partis ont laissé leur empreinte partout où ils se sont installés.

Alors, lorsque Rome, Paris ou toute autre ville du monde décidera d’ériger un monument à leur mémoire, que celui-ci soit conçu avec ceux qui portent encore cette histoire, qu’il donne un visage aux émigrés et qu’il permette à leurs descendants de s’y reconnaître.

Il ne s’agit plus simplement de savoir quel symbole choisir.

Il s’agit de savoir qui nous voulons honorer.

Et si nous voulons honorer nos parents et nos aïeux, alors donnons-leur enfin une place dans les places et dans les rues de nos villes, une place dans la mémoire officielle, une place dans l’histoire visible du monde.

L’Homme de Vitruve a déjà sa place dans l’histoire universelle.

La valise de nos parents, leurs familles, leur travail, leurs sacrifices et leur courage attendent encore la leur.

Alors oui, il est temps de construire.

Il est temps de rendre hommage.
Il est temps de transmettre.
Il est temps de rendre justice à l’émigration italienne.


Georges Orazio Spido,
Président de l’Alliance Italienne Universelle

🇮🇹 L’identité italienne vit aussi grâce à toi.
👉 Adhère à l’Alliance italienne universelle

L’EMIGRAZIONE ITALIANA NON PUÒ ESSERE RACCHIUSA NELL’UOMO VITRUVIANO

Abbiamo eretto monumenti alla grandezza dell’Italia. Ma dove sono quelli che dicono semplicemente: grazie a coloro che sono partiti?

È una domanda che dobbiamo avere il coraggio di porre.

Perché a Roma come a Parigi, due capitali legate dalla storia, dalla cultura e da accordi di gemellaggio, non esiste ancora un vero monumento all’altezza della storia dell’emigrazione italiana. Manca un luogo capace di rendere omaggio ai nostri genitori, ai nostri nonni, ai nostri antenati, a tutti coloro che hanno lasciato l’Italia con una valigia, e talvolta quasi nient’altro, per cercare lavoro, costruire una famiglia e ricominciare la propria vita altrove.

Questa assenza è tanto più sorprendente in quanto l’emigrazione italiana ha segnato profondamente il mondo. Dall’Europa alle Americhe, dall’Australia a molte altre regioni, milioni di italiani hanno lasciato il proprio Paese e contribuito alla costruzione delle società che li hanno accolti. Hanno lavorato nelle fabbriche, nelle miniere, nei cantieri, nei negozi e nelle campagne; hanno creato imprese, associazioni, famiglie e comunità, lasciando una storia che vive ancora oggi attraverso i loro discendenti.

Eppure questa storia rimane troppo spesso confinata alla memoria familiare. Anche la nostra storia, quella dei figli e dei discendenti dell’emigrazione italiana, resta in gran parte assente dallo spazio pubblico. Siamo gli eredi di coloro che sono partiti, del loro coraggio, dei loro sacrifici e della loro volontà di offrire ai propri figli un futuro migliore. La loro storia non si è fermata al momento della partenza: è proseguita nei Paesi di accoglienza e ha dato vita a generazioni che portano ancora con sé questa eredità.

È proprio per questa ragione che un monumento dedicato all’emigrazione italiana deve rappresentare l’emigrante, e non semplicemente l’Italia.

Un uomo con una valigia, una donna che tiene il proprio bambino tra le braccia, una famiglia in cammino verso un futuro sconosciuto: queste figure racconterebbero immediatamente ciò che questa storia è stata. La valigia evoca la partenza e lo sradicamento; la donna e il bambino, la famiglia e la trasmissione; il lavoratore, il contributo alla società di accoglienza; le generazioni successive, la continuità di una storia che non si è conclusa con coloro che hanno attraversato una frontiera.

Ed è proprio qui che si pone la questione dell’Uomo vitruviano.

Leonardo da Vinci rappresenta mirabilmente il Rinascimento e il genio della cultura italiana, ma non rappresenta l’emigrazione italiana. La sua presenza in Francia, nel 1516, alla fine della sua vita, appartiene alla storia degli scambi artistici e intellettuali del Rinascimento, non a quella dell’emigrazione italiana dei secoli XIX e XX. L’Uomo vitruviano è uno studio delle proporzioni del corpo umano; divenuto nel tempo uno dei simboli universali dell’Italia, può certamente rappresentarne il patrimonio culturale, ma non racconta né la partenza degli emigranti, né il loro viaggio, né il loro lavoro, né la loro vita familiare, né le generazioni nate da quell’emigrazione.

Rappresenta l’Italia; non rappresenta gli italiani che l’hanno lasciata.

La distinzione è fondamentale. Un monumento della memoria non è un logo destinato semplicemente a identificare un Paese: deve raccontare una storia. E quella dell’emigrazione italiana è innanzitutto una storia umana, fatta di uomini e donne che si sono messi in cammino con pochi mezzi, ma con il coraggio necessario per cambiare il proprio destino e contribuire, attraverso il loro lavoro e le loro famiglie, alla costruzione dei Paesi che li hanno accolti.

Questa esigenza, del resto, non riguarda soltanto Roma e Parigi. Deve valere ovunque gli italiani siano emigrati e ovunque la loro memoria meriti di essere inscritta nello spazio pubblico. A Buenos Aires, San Paolo, New York, Montréal, Melbourne, Bruxelles, Londra o in tante altre città del mondo, i monumenti dedicati a questa storia dovrebbero trasmettere lo stesso messaggio: qui si rendono onore a coloro che sono partiti, a coloro che hanno lavorato, a coloro che hanno fondato famiglie e a coloro che, generazione dopo generazione, hanno mantenuto viva la propria eredità nella loro nuova patria.

Roma e Parigi potrebbero dare l’esempio. Due capitali unite da rapporti storici e da un gemellaggio non dovrebbero forse essere capaci di offrire a questa memoria un luogo degno della sua importanza? Un luogo in cui i discendenti possano finalmente dire, con semplicità e fierezza: grazie a coloro che ci hanno preceduto, e in cui le generazioni future possano comprendere che dietro i numeri dell’emigrazione vi erano volti, famiglie, sacrifici, speranze e destini.

È tempo che questa storia esca dagli album di famiglia e dai ricordi tramandati di generazione in generazione, per entrare pienamente nella memoria collettiva.

I nostri genitori sono partiti. I nostri antenati hanno costruito. Noi siamo i loro eredi.

Per questa ragione, non possiamo più accontentarci di una memoria simbolica, generica o semplicemente decorativa. Chiediamo che la storia dell’emigrazione italiana trovi finalmente il posto che le spetta nello spazio pubblico, attraverso monumenti che rappresentino realmente gli uomini e le donne che sono partiti e le generazioni nate dal loro coraggio.

Non chiediamo un monumento per glorificare le difficoltà del passato, ma per riconoscere il coraggio di coloro che le hanno affrontate. Non chiediamo soltanto che si ricordino coloro che sono partiti, ma che si riconosca ciò che hanno costruito nei Paesi che li hanno accolti. E soprattutto, non chiediamo che si celebri semplicemente l’Italia: chiediamo che si renda finalmente omaggio agli italiani che hanno avuto il coraggio di lasciarla.

È una responsabilità che appartiene alle istituzioni italiane, alle istituzioni dei Paesi di accoglienza, alle città, alle associazioni e alle comunità italiane del mondo intero. A Roma come a Parigi, e in tutte le città che hanno accolto l’emigrazione italiana, è tempo di passare dalla memoria privata alla memoria pubblica, dai ricordi familiari a un autentico riconoscimento collettivo.

Ogni comunità italiana della diaspora possiede una propria storia particolare, ma tutte condividono la stessa origine: una partenza, un viaggio, un arrivo e la volontà di ricostruire una vita. Questa storia appartiene ormai tanto ai Paesi di accoglienza quanto all’Italia stessa, perché gli italiani che sono partiti hanno lasciato la propria impronta ovunque si siano stabiliti.

Allora, quando Roma, Parigi o qualsiasi altra città del mondo deciderà di erigere un monumento alla loro memoria, che esso sia concepito insieme a coloro che portano ancora con sé questa storia, che dia un volto agli emigranti e permetta ai loro discendenti di riconoscervisi.

Non si tratta più semplicemente di sapere quale simbolo scegliere.

Si tratta di sapere chi vogliamo onorare.

E se vogliamo onorare i nostri genitori e i nostri antenati, allora diamo loro finalmente un posto nelle piazze e nelle strade delle nostre città, un posto nella memoria ufficiale, un posto nella storia visibile del mondo.

L’Uomo vitruviano occupa già il proprio posto nella storia universale.

La valigia dei nostri genitori, le loro famiglie, il loro lavoro, i loro sacrifici e il loro coraggio aspettano ancora il proprio.

Allora sì, è tempo di costruire.

È tempo di rendere omaggio.

È tempo di trasmettere.

È tempo di rendere giustizia all’emigrazione italiana.

Georges Orazio Spido
Presidente dell’Alleanza Italiana Universale

🇮🇹 L’identità italiana vive anche grazie a te.
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ITALIAN EMIGRATION CANNOT BE CONTAINED WITHIN THE VITRUVIAN MAN

We have erected monuments to the greatness of Italy. But where are the monuments that simply say: thank you to those who left?

This is a question we must have the courage to ask.

For in Rome, as in Paris—two capitals linked by history, culture and twinning agreements—there is still no true monument commensurate with the history of Italian emigration. What is missing is a place capable of paying tribute to our parents, our grandparents, our ancestors and all those who left Italy carrying a suitcase, and sometimes almost nothing else, to find work, build a family and begin their lives anew elsewhere.

This absence is all the more surprising because Italian emigration has left a profound mark on the world. From Europe to the Americas, from Australia to many other regions, millions of Italians left their country and contributed to building the societies that welcomed them. They worked in factories, mines, construction sites, shops and fields; they created businesses, associations, families and communities, leaving behind a history that still lives on today through their descendants.

Yet this history remains all too often confined to family memory. Our own history—the history of the children and descendants of Italian emigration—also remains largely absent from public space. We are the heirs of those who left, of their courage, their sacrifices and their determination to offer their children a better future. Their story did not end at the moment of departure: it continued in their host countries and gave rise to generations that still carry this legacy today.

It is precisely for this reason that a monument dedicated to Italian emigration must represent the emigrant, not simply Italy.

A man carrying a suitcase, a woman holding her child in her arms, a family setting out towards an unknown future: these figures would immediately convey what this history truly was. The suitcase evokes departure and uprooting; the woman and child, family and transmission; the worker, the contribution made to the host society; and the generations that followed, the continuation of a story that did not end with those who crossed a border.

And it is precisely here that the question of the Vitruvian Man arises.

Leonardo da Vinci admirably represents the Renaissance and the genius of Italian culture, but he does not represent Italian emigration. His presence in France in 1516, towards the end of his life, belongs to the history of the artistic and intellectual exchanges of the Renaissance, not to that of Italian emigration in the nineteenth and twentieth centuries. The Vitruvian Man is a study of the proportions of the human body; having become one of the universal symbols of Italy over time, it may perfectly well represent the country’s cultural heritage, but it tells us nothing of the emigrants’ departure, their journey, their work, their family lives or the generations born of that emigration.

It represents Italy; it does not represent the Italians who left it.

The distinction is fundamental. A memorial is not a logo intended merely to identify a country: it must tell a story. And the story of Italian emigration is, above all, a human one, made up of men and women who set out with limited means, but with the courage required to change their destiny and contribute, through their work and their families, to building the countries that welcomed them.

Moreover, this need does not concern Rome and Paris alone. It must apply wherever Italians emigrated and wherever their memory deserves to be inscribed in public space. In Buenos Aires, São Paulo, New York, Montreal, Melbourne, Brussels, London and so many other cities around the world, monuments dedicated to this history should convey the same message: here we honour those who left, those who worked, those who founded families and those who, generation after generation, kept their heritage alive in their new homeland.

Rome and Paris could set an example. Should two capitals linked by historic ties and twinned with one another not be capable of providing this memory with a place worthy of its importance? A place where descendants might finally say, simply and proudly, “Thank you to those who came before us,” and where future generations might understand that behind the statistics of emigration stood faces, families, sacrifices, hopes and destinies.

It is time for this history to emerge from family albums and memories handed down from one generation to the next, and to take its rightful place in our collective memory.

Our parents left. Our ancestors built. We are their heirs.

For this reason, we can no longer content ourselves with a memory that is symbolic, generic or merely decorative. We call for the history of Italian emigration finally to be given its rightful place in public space, through monuments that truly represent the men and women who left and the generations born of their courage.

We are not asking for a monument that glorifies the hardships of the past, but one that recognises the courage of those who faced them. We are not simply asking that those who left be remembered, but that what they built in the countries that welcomed them be acknowledged. Above all, we are not asking merely for Italy to be celebrated: we are asking for tribute finally to be paid to the Italians who had the courage to leave it.

This responsibility belongs to Italian institutions, to the institutions of host countries, to cities, associations and Italian communities throughout the world. In Rome, in Paris and in every city that welcomed Italian emigrants, it is time to move from private remembrance to public memory, from family recollections to genuine collective recognition.

Every Italian diaspora community has its own particular history, but all share the same origin: a departure, a journey, an arrival and the determination to rebuild a life. This history now belongs as much to the host countries as it does to Italy itself, because the Italians who left their homeland made their mark wherever they settled.

Therefore, when Rome, Paris or any other city in the world decides to erect a monument in their memory, let it be designed together with those who still carry this history within them; let it give a face to the emigrants and allow their descendants to recognise themselves in it.

The question is no longer simply which symbol we should choose.

The question is whom we wish to honour.

And if we wish to honour our parents and our ancestors, then let us finally give them a place in the squares and streets of our cities, a place in official memory and a place in the visible history of the world.

The Vitruvian Man already has his place in universal history.

Our parents’ suitcase, their families, their work, their sacrifices and their courage are still waiting for theirs.

So yes, it is time to build.

It is time to pay tribute.

It is time to pass on their story.

It is time to do justice to Italian emigration.

Georges Orazio Spido,
President of the Universal Italian Alliance

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