
Quand les grandes puissances redessinent les frontières, ce sont les peuples qui en paient le prix.
Il est des blessures que l’histoire officielle a longtemps laissées dans l’ombre. Celle des Italiens d’Istrie, de Fiume et de la côte dalmate appartient à ces tragédies européennes dont la mémoire ne peut être effacée par la signature d’un traité.
Ils étaient Italiens. Ils parlaient italien, transmettaient leurs traditions, entretenaient leurs églises, leurs cimetières, leurs maisons et leurs souvenirs. Leurs familles vivaient depuis des générations sur les rives orientales de l’Adriatique, au sein de territoires où s’étaient rencontrées, pendant des siècles, les cultures italienne, slave et centre-européenne.
Leur italianité ne datait pas de Mussolini. Elle plongeait ses racines dans l’histoire romaine, dans l’influence séculaire de Venise et dans une civilisation adriatique bien antérieure à l’unité italienne de 1861.
Et pourtant, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers d’entre eux allaient devoir abandonner leur terre natale.
1947 : LA PAIX DES VAINQUEURS, L’EXIL DES FAMILLES
Le 10 février 1947, le traité de paix de Paris imposait à l’Italie vaincue de lourdes pertes territoriales.
L’essentiel de l’Istrie, Fiume — aujourd’hui Rijeka — et Zara — aujourd’hui Zadar — passait sous souveraineté yougoslave. Une partie de la région de Trieste recevait un statut international particulier.
Ce que les diplomates appelaient une rectification des frontières représentait, pour les familles italiennes, la disparition de leur patrie.
Il ne s’agissait pas seulement de perdre une administration ou un drapeau.
C’était perdre sa maison, son commerce, sa terre, les tombes de ses parents et parfois jusqu’à la possibilité de parler librement sa langue.
Face à la répression, aux violences, aux confiscations, à la peur et à la perspective de vivre sous la dictature communiste de Tito, une immense partie de la population italienne choisit l’exil.
Selon les estimations historiques, environ 250 000 à 350 000 personnes quittèrent l’Istrie, Fiume et la Dalmatie au cours de cette période.
Des familles entières partirent avec quelques valises. À Pola, les bateaux, notamment le Toscana, emportèrent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vers une Italie qu’ils considéraient comme leur patrie, mais où ils furent parfois reçus dans l’indifférence, la méfiance ou l’hostilité.
LES FOIBE : LA TERREUR AVANT L’EXODE
Avant et pendant ces départs, les violences exercées par les forces yougoslaves avaient déjà marqué profondément les populations.
Les massacres des foibe, les arrestations, les disparitions et les persécutions frappèrent des Italiens, parmi lesquels se trouvaient aussi des personnes qui n’avaient aucune responsabilité dans le fascisme.
Des opposants politiques, des fonctionnaires, des intellectuels, des prêtres, mais également de simples civils furent victimes d’une répression qui visait à consolider le nouveau pouvoir yougoslave.
Il faut naturellement rappeler les crimes du fascisme italien contre les populations slovènes et croates, les politiques d’italianisation forcée et les violences commises pendant la guerre.
Mais une injustice historique ne saurait en légitimer une autre.
Les enfants d’Istrie n’avaient pas à payer pour les crimes de Mussolini.
L’ÉTRANGE CONTRADICTION DES GRANDES PUISSANCES
L’histoire européenne révèle ici une contradiction politique majeure.
Dans les années 1920, la peur du bolchevisme avait conduit une partie des élites économiques et politiques européennes à considérer favorablement l’ascension de Mussolini.
En janvier 1927, Winston Churchill lui-même avait publiquement salué le fascisme italien pour sa lutte contre le léninisme.
Cela ne signifie pas que les puissances étrangères aient créé le fascisme : ses racines et les principaux soutiens de sa conquête du pouvoir étaient italiens. Mais certaines voix influentes en Europe lui accordèrent une indulgence remarquable tant qu’il apparaissait comme un rempart contre le communisme.
Puis vint la guerre. Et l’Italie fasciste entraîna le pays dans la catastrophe.
Après 1945, la logique des puissances prit une autre forme.
L’Italie vaincue se trouvait affaiblie, privée d’une partie de ses territoires et désormais située au cœur de la confrontation entre les États-Unis et l’Union soviétique.
En 1947, Tito était encore un allié de Staline. Il serait donc historiquement inexact de prétendre que l’Istrie lui fut donnée en échange de sa rupture avec Moscou, qui n’intervint qu’en 1948.
Mais c’est précisément après cette rupture qu’apparut un extraordinaire paradoxe : la Yougoslavie communiste de Tito, dont le régime avait contribué à provoquer l’exode des Italiens, devint un partenaire stratégique recherché par les États-Unis et leurs alliés.
L’objectif occidental était clair : soutenir l’indépendance de Tito face à Staline, empêcher une expansion de l’influence soviétique vers l’Adriatique et exploiter la division du monde communiste.
Pour les grandes puissances, Tito devenait un élément de l’équilibre stratégique européen. Pour les exilés italiens, il demeurait le dirigeant du régime qui les avait privés de leur terre.
Cette contradiction mérite d’être rappelée.
L’ITALIE : D’UNE DÉFAITE MILITAIRE À UNE DÉPENDANCE STRATÉGIQUE
Pendant ce temps, les États-Unis consolidaient leur présence en Italie.
Avec l’adhésion italienne à l’OTAN en 1949, puis les accords militaires bilatéraux, des installations américaines furent progressivement implantées dans la péninsule.
Camp Darby, près de Livourne, puis les installations de Vicence, d’Aviano, de Naples et de Sigonella allaient faire de l’Italie une plateforme stratégique majeure des forces américaines en Méditerranée.
Il serait juridiquement inexact de parler d’une colonisation territoriale : ces bases reposaient sur des accords conclus avec l’État italien souverain.
Mais il demeure légitime de s’interroger sur le degré réel d’autonomie stratégique dont disposait un pays vaincu, reconstruit avec l’aide américaine et intégré dans un dispositif militaire dominé par Washington.
L’Italie avait perdu des terres à l’Est, tandis que sa position géographique lui conférait une importance essentielle dans la stratégie occidentale.
Pourquoi la sécurité de l’Adriatique aurait-elle dû compter davantage que le destin des Italiens qui y vivaient ?
Pourquoi la reconnaissance des intérêts stratégiques des vainqueurs devait-elle se traduire par l’arrachement de familles entières à leur histoire ?
Et pourquoi ceux qui avaient perdu leur patrie furent-ils si longtemps absents de la mémoire européenne ?
NE PAS CONFONDRE RÉCONCILIATION ET OUBLI
Aujourd’hui, l’Istrie et la Dalmatie appartiennent à l’histoire et au présent de plusieurs peuples. L’Italie, la Slovénie et la Croatie sont des nations européennes qui peuvent construire ensemble un avenir de paix.
Il ne s’agit pas de réclamer de nouvelles frontières, ni de transmettre aux générations futures les haines du passé.
Il s’agit de reconnaître une vérité humaine.
Un homme peut perdre sa nationalité administrative sans perdre son identité. Une famille peut être chassée de sa maison sans que disparaisse la mémoire de cette maison. Une frontière peut être déplacée sans effacer plusieurs siècles de culture.
Ces Italiens n’étaient pas des étrangers sur leur propre terre.
Ils étaient les héritiers d’une civilisation adriatique, et leur départ fut l’une des grandes blessures de l’histoire italienne du XXe siècle.
L’ALLIANCE ITALIENNE UNIVERSELLE : UNE MÉMOIRE QUI NE CONNAÎT PAS DE FRONTIÈRES
L’Alliance Italienne Universelle veut rappeler que l’histoire de l’émigration italienne ne se limite pas aux départs provoqués par la pauvreté et la recherche d’un travail.
Il y eut aussi ceux que la guerre, les dictatures, les persécutions et les décisions des puissances contraignirent à l’exil.
Les Italiens d’Istrie, de Fiume et de Dalmatie appartiennent pleinement à cette mémoire universelle.
Leurs descendants, qu’ils vivent en Italie, en Europe, dans les Amériques ou ailleurs dans le monde, portent en eux une part de cette histoire.
Nous devons leur rendre leur place dans la mémoire italienne.
Nous devons raconter leur courage, leur douleur, leur dignité et leur fidélité à leurs origines.
Car un peuple ne se définit pas seulement par les frontières de son État, mais aussi par la mémoire de tous ceux qui ont dû quitter leur terre sans jamais cesser de lui appartenir.
Les traités peuvent modifier les frontières.
Les puissances peuvent redessiner les cartes.
Mais aucune conférence diplomatique, aucune décision militaire, aucun pouvoir politique ne peut effacer la mémoire d’un peuple.
Aux Italiens d’Istrie, de Fiume et de Dalmatie, à leurs enfants et à leurs descendants : votre histoire est notre histoire. Votre mémoire est notre mémoire.
Giorgio Orazio Spido
Président de l’Alliance Italienne Universelle 🇮🇹
Giorgio Orazio Spido
Président de l’Alliance Italienne Universelle
🇮🇹 L’identité italienne vit aussi grâce à toi.
👉 Adhère à l’Alliance italienne universelle

Quando le grandi potenze ridisegnano i confini, sono i popoli a pagarne il prezzo.
Ci sono ferite che la storia ufficiale ha lasciato a lungo nell’ombra. Quella degli italiani dell’Istria, di Fiume e della costa dalmata appartiene a quelle tragedie europee la cui memoria non può essere cancellata dalla firma di un trattato.
Erano italiani. Parlavano italiano, tramandavano le proprie tradizioni, si prendevano cura delle loro chiese, dei loro cimiteri, delle loro case e dei loro ricordi. Le loro famiglie vivevano da generazioni sulle sponde orientali dell’Adriatico, in territori nei quali, per secoli, si erano incontrate le culture italiana, slava e mitteleuropea.
La loro italianità non nacque con Mussolini. Affondava le proprie radici nella storia romana, nella secolare influenza di Venezia e in una civiltà adriatica di gran lunga anteriore all’unità d’Italia del 1861.
Eppure, all’indomani della Seconda guerra mondiale, centinaia di migliaia di loro furono costretti ad abbandonare la propria terra natale.
1947: LA PACE DEI VINCITORI, L’ESILIO DELLE FAMIGLIE
Il 10 febbraio 1947, il Trattato di pace di Parigi impose pesanti perdite territoriali all’Italia sconfitta.
La maggior parte dell’Istria, Fiume — oggi Rijeka — e Zara — oggi Zadar — passarono sotto la sovranità jugoslava. Una parte della regione di Trieste ricevette uno speciale statuto internazionale.
Ciò che i diplomatici definivano una rettifica dei confini rappresentava, per le famiglie italiane, la scomparsa della loro patria.
Non si trattava soltanto di perdere un’amministrazione o una bandiera.
Significava perdere la propria casa, la propria attività, la propria terra, le tombe dei genitori e, talvolta, persino la possibilità di parlare liberamente la propria lingua.
Di fronte alla repressione, alle violenze, alle confische, alla paura e alla prospettiva di vivere sotto la dittatura comunista di Tito, un’immensa parte della popolazione italiana scelse l’esilio.
Secondo le stime storiche, durante quel periodo circa 250.000-350.000 persone lasciarono l’Istria, Fiume e la Dalmazia.
Intere famiglie partirono con poche valigie. Da Pola, le navi, tra cui il Toscana, trasportarono migliaia di uomini, donne e bambini verso un’Italia che consideravano la propria patria, ma nella quale furono talvolta accolti con indifferenza, diffidenza o ostilità.
LE FOIBE: IL TERRORE PRIMA DELL’ESODO
Prima e durante quelle partenze, le violenze perpetrate dalle forze jugoslave avevano già segnato profondamente le popolazioni.
Le stragi delle foibe, gli arresti, le sparizioni e le persecuzioni colpirono numerosi italiani, tra i quali vi erano anche persone che non avevano alcuna responsabilità nel fascismo.
Oppositori politici, funzionari, intellettuali, sacerdoti, ma anche semplici civili furono vittime di una repressione volta a consolidare il nuovo potere jugoslavo.
Occorre naturalmente ricordare i crimini commessi dal fascismo italiano contro le popolazioni slovene e croate, le politiche di italianizzazione forzata e le violenze perpetrate durante la guerra.
Ma un’ingiustizia storica non può legittimarne un’altra.
I figli dell’Istria non dovevano pagare per i crimini di Mussolini.
LA SINGOLARE CONTRADDIZIONE DELLE GRANDI POTENZE
La storia europea rivela, in questo caso, una profonda contraddizione politica.
Negli anni Venti, la paura del bolscevismo aveva indotto una parte delle élite economiche e politiche europee a guardare con favore all’ascesa di Mussolini.
Nel gennaio del 1927, lo stesso Winston Churchill aveva pubblicamente elogiato il fascismo italiano per la sua lotta contro il leninismo.
Ciò non significa che le potenze straniere abbiano creato il fascismo: le sue radici e i principali sostegni alla sua conquista del potere erano italiani. Tuttavia, alcune voci influenti in Europa gli concessero una notevole indulgenza finché apparve come un baluardo contro il comunismo.
Poi venne la guerra. E l’Italia fascista trascinò il Paese nella catastrofe.
Dopo il 1945, la logica delle potenze assunse un’altra forma.
L’Italia sconfitta era indebolita, privata di una parte dei propri territori e ormai collocata al centro dello scontro tra gli Stati Uniti e l’Unione Sovietica.
Nel 1947 Tito era ancora un alleato di Stalin. Sarebbe quindi storicamente inesatto sostenere che l’Istria gli sia stata concessa in cambio della sua rottura con Mosca, avvenuta soltanto nel 1948.
Ma fu proprio dopo questa rottura che emerse uno straordinario paradosso: la Jugoslavia comunista di Tito, il cui regime aveva contribuito a provocare l’esodo degli italiani, divenne un partner strategico ricercato dagli Stati Uniti e dai loro alleati.
L’obiettivo occidentale era chiaro: sostenere l’indipendenza di Tito da Stalin, impedire un’espansione dell’influenza sovietica verso l’Adriatico e sfruttare la divisione del mondo comunista.
Per le grandi potenze, Tito diventava un elemento dell’equilibrio strategico europeo. Per gli esuli italiani, rimaneva il capo del regime che li aveva privati della loro terra.
Questa contraddizione merita di essere ricordata.
L’ITALIA: DALLA SCONFITTA MILITARE ALLA DIPENDENZA STRATEGICA
Nel frattempo, gli Stati Uniti consolidavano la propria presenza in Italia.
Con l’adesione italiana alla NATO nel 1949 e i successivi accordi militari bilaterali, nella penisola furono progressivamente installate strutture militari statunitensi.
Camp Darby, vicino a Livorno, e successivamente le installazioni di Vicenza, Aviano, Napoli e Sigonella avrebbero fatto dell’Italia una piattaforma strategica fondamentale per le forze americane nel Mediterraneo.
Sarebbe giuridicamente inesatto parlare di colonizzazione territoriale: queste basi si fondavano su accordi conclusi con lo Stato italiano sovrano.
Rimane tuttavia legittimo interrogarsi sul grado effettivo di autonomia strategica di cui disponesse un Paese sconfitto, ricostruito con l’aiuto americano e integrato in un dispositivo militare dominato da Washington.
L’Italia aveva perduto territori a Est, mentre la sua posizione geografica le conferiva un’importanza fondamentale nella strategia occidentale.
Perché la sicurezza dell’Adriatico avrebbe dovuto contare più del destino degli italiani che vi abitavano?
Perché il riconoscimento degli interessi strategici dei vincitori doveva tradursi nello sradicamento di intere famiglie dalla propria storia?
E perché coloro che avevano perduto la propria patria rimasero così a lungo esclusi dalla memoria europea?
NON CONFONDERE LA RICONCILIAZIONE CON L’OBLIO
Oggi l’Istria e la Dalmazia appartengono alla storia e al presente di più popoli. L’Italia, la Slovenia e la Croazia sono nazioni europee che possono costruire insieme un futuro di pace.
Non si tratta di rivendicare nuovi confini né di trasmettere alle generazioni future gli odi del passato.
Si tratta di riconoscere una verità umana.
Un uomo può perdere la propria cittadinanza amministrativa senza perdere la propria identità. Una famiglia può essere cacciata dalla propria casa senza che scompaia il ricordo di quella casa. Un confine può essere spostato senza cancellare secoli di cultura.
Quegli italiani non erano stranieri nella propria terra.
Erano gli eredi di una civiltà adriatica e la loro partenza rappresentò una delle grandi ferite della storia italiana del Novecento.
L’ALLEANZA ITALIANA UNIVERSALE: UNA MEMORIA CHE NON CONOSCE FRONTIERE
L’Alleanza Italiana Universale vuole ricordare che la storia dell’emigrazione italiana non si limita alle partenze provocate dalla povertà e dalla ricerca di un lavoro.
Vi furono anche coloro che la guerra, le dittature, le persecuzioni e le decisioni delle potenze costrinsero all’esilio.
Gli italiani dell’Istria, di Fiume e della Dalmazia appartengono pienamente a questa memoria universale.
I loro discendenti, che vivano in Italia, in Europa, nelle Americhe o altrove nel mondo, portano dentro di sé una parte di questa storia.
Dobbiamo restituire loro il posto che spetta loro nella memoria italiana.
Dobbiamo raccontare il loro coraggio, il loro dolore, la loro dignità e la loro fedeltà alle proprie origini.
Perché un popolo non è definito soltanto dai confini del proprio Stato, ma anche dalla memoria di tutti coloro che hanno dovuto lasciare la propria terra senza mai cessare di appartenerle.
I trattati possono modificare i confini.
Le potenze possono ridisegnare le carte geografiche.
Ma nessuna conferenza diplomatica, nessuna decisione militare e nessun potere politico possono cancellare la memoria di un popolo.
Agli italiani dell’Istria, di Fiume e della Dalmazia, ai loro figli e ai loro discendenti diciamo: la vostra storia è la nostra storia. La vostra memoria è la nostra memoria.
Giorgio Orazio Spido
Presidente dell’Alleanza Italiana Universale 🇮🇹Convertir en PDF
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When the great powers redraw borders, ordinary people pay the price.
Some wounds were long left in the shadows by official history. The fate of the Italians of Istria, Fiume and the Dalmatian coast belongs to those European tragedies whose memory cannot be erased by the signing of a treaty.
They were Italian. They spoke Italian, passed down their traditions and cared for their churches, cemeteries, homes and memories. Their families had lived for generations along the eastern shores of the Adriatic, in territories where Italian, Slavic and Central European cultures had met for centuries.
Their Italian identity did not begin with Mussolini. Its roots reached back to Roman history, the centuries-old influence of Venice and an Adriatic civilisation that long predated Italian unification in 1861.
Yet in the aftermath of the Second World War, hundreds of thousands of them were forced to abandon their homeland.
1947: THE VICTORS’ PEACE, THE EXILE OF FAMILIES
On 10 February 1947, the Paris Peace Treaty imposed heavy territorial losses on defeated Italy.
Most of Istria, Fiume—now Rijeka—and Zara—now Zadar—came under Yugoslav sovereignty. Part of the Trieste region was granted a special international status.
What diplomats called a border adjustment meant, for Italian families, the disappearance of their homeland.
It was not merely a matter of losing an administration or a flag.
It meant losing one’s home, business and land, the graves of one’s parents and sometimes even the freedom to speak one’s own language.
Faced with repression, violence, confiscations, fear and the prospect of living under Tito’s communist dictatorship, a vast proportion of the Italian population chose exile.
According to historical estimates, approximately 250,000 to 350,000 people left Istria, Fiume and Dalmatia during this period.
Entire families departed with only a few suitcases. From Pola, ships—including the Toscana—carried thousands of men, women and children towards an Italy they regarded as their homeland, but where they were sometimes met with indifference, suspicion or hostility.
THE FOIBE: TERROR BEFORE THE EXODUS
Before and during these departures, violence perpetrated by Yugoslav forces had already left a profound mark on the population.
The foibe massacres, arrests, disappearances and persecutions struck Italians, including people who bore no responsibility for fascism.
Political opponents, civil servants, intellectuals, priests and ordinary civilians fell victim to repression intended to consolidate the new Yugoslav regime.
The crimes committed by Italian fascism against the Slovenian and Croatian populations, the policies of forced Italianisation and the violence perpetrated during the war must, of course, also be remembered.
But one historical injustice cannot legitimise another.
The children of Istria should not have had to pay for Mussolini’s crimes.
THE GREAT POWERS’ STRIKING CONTRADICTION
European history reveals a major political contradiction here.
During the 1920s, fear of Bolshevism led some members of Europe’s economic and political elites to view Mussolini’s rise favourably.
In January 1927, Winston Churchill himself publicly praised Italian fascism for its struggle against Leninism.
This does not mean that foreign powers created fascism: its roots and the principal support for its seizure of power were Italian. However, some influential European voices showed it remarkable indulgence as long as it appeared to serve as a bulwark against communism.
Then came the war. Fascist Italy dragged the country into catastrophe.
After 1945, the logic of the great powers assumed a different form.
Defeated Italy was weakened, deprived of part of its territory and now located at the heart of the confrontation between the United States and the Soviet Union.
In 1947, Tito was still an ally of Stalin. It would therefore be historically inaccurate to claim that Istria was granted to him in exchange for his break with Moscow, which did not occur until 1948.
Yet it was precisely after that break that an extraordinary paradox emerged: Tito’s communist Yugoslavia, whose regime had helped bring about the Italian exodus, became a strategic partner courted by the United States and its allies.
The Western objective was clear: to support Tito’s independence from Stalin, prevent Soviet influence from expanding towards the Adriatic and exploit the division within the communist world.
For the great powers, Tito became a component of Europe’s strategic balance. For the Italian exiles, he remained the leader of the regime that had deprived them of their land.
This contradiction deserves to be remembered.
ITALY: FROM MILITARY DEFEAT TO STRATEGIC DEPENDENCE
Meanwhile, the United States was consolidating its presence in Italy.
Following Italy’s accession to NATO in 1949 and the subsequent bilateral military agreements, American installations were gradually established throughout the peninsula.
Camp Darby, near Livorno, followed by installations in Vicenza, Aviano, Naples and Sigonella, would make Italy a major strategic platform for American forces in the Mediterranean.
It would be legally inaccurate to describe this as territorial colonisation: these bases were established under agreements concluded with the sovereign Italian state.
Nevertheless, it remains legitimate to question the true degree of strategic autonomy enjoyed by a defeated country, rebuilt with American assistance and integrated into a military system dominated by Washington.
Italy had lost territory in the East, while its geographical position gave it vital importance in Western strategy.
Why should security in the Adriatic have mattered more than the fate of the Italians who lived there?
Why should recognition of the victors’ strategic interests have resulted in entire families being torn from their history?
And why were those who had lost their homeland excluded from European memory for so long?
RECONCILIATION MUST NOT BE CONFUSED WITH FORGETTING
Today, Istria and Dalmatia belong to the history and present of several peoples. Italy, Slovenia and Croatia are European nations capable of building a peaceful future together.
This is not about demanding new borders or passing the hatreds of the past on to future generations.
It is about acknowledging a human truth.
A person may lose their nationality in legal terms without losing their identity. A family may be driven from its home without the memory of that home disappearing. A border may be moved without erasing centuries of culture.
Those Italians were not foreigners in their own land.
They were the heirs of an Adriatic civilisation, and their departure was one of the great wounds in twentieth-century Italian history.
THE UNIVERSAL ITALIAN ALLIANCE: A MEMORY WITHOUT BORDERS
The Universal Italian Alliance wishes to remind everyone that the history of Italian emigration is not limited to departures caused by poverty and the search for work.
There were also those whom war, dictatorships, persecution and the decisions of the great powers forced into exile.
The Italians of Istria, Fiume and Dalmatia fully belong to this universal memory.
Their descendants—whether they live in Italy, elsewhere in Europe, in the Americas or in other parts of the world—carry a part of this history within them.
We must restore their rightful place in Italian memory.
We must tell the story of their courage, their suffering, their dignity and their loyalty to their roots.
A people is defined not only by the borders of its state, but also by the memory of all those who were forced to leave their land without ever ceasing to belong to it.
Treaties can alter borders.
Great powers can redraw maps.
But no diplomatic conference, military decision or political authority can erase the memory of a people.
To the Italians of Istria, Fiume and Dalmatia, to their children and descendants: your history is our history. Your memory is our memory.
Giorgio Orazio Spido
President of the Universal Italian Alliance
🇮🇹 Italian identity lives on thanks to you.
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